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Résolution
1258 (2001)[1]
Démocraties
face au terrorisme
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Les
membres de l?Assemblée parlementaire du Conseil de l?Europe et les
800 millions d?Européens qu?elle représente ont été horrifiés
par les récentes attaques terroristes contre les Etats-Unis d?Amérique.
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L?Assemblée
exprime sa plus profonde sympathie au peuple des Etats-Unis et aux familles
des victimes, y compris aux citoyens d?autres pays.
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L?Assemblée
condamne dans les termes les plus forts possibles ces actes terroristes
barbares. Elle considère ces attaques comme un crime qui viole le plus
fondamental des droits de l?homme: le droit à la vie.
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L?Assemblée
appelle la communauté internationale à donner tout l?appui nécessaire au
Gouvernement des Etats-Unis d?Amérique pour faire face aux conséquences de
ces attaques et pour livrer les responsables à la justice, conformément aux
conventions antiterroristes internationales en vigueur et aux résolutions du
Conseil de sécurité des Nations Unies.
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L?Assemblée
estime que la nouvelle Cour pénale internationale est l?institution propre
à juger les actes terroristes.
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L?Assemblée
se félicite, appuie et partage la solidarité témoignée par les membres de
la communauté internationale, qui ont non seulement condamné ces attaques,
mais également offert de coopérer à une réponse appropriée.
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Ces
attaques ont montré clairement le vrai visage du terrorisme et la nécessité
d?un nouveau type de réaction. Ce terrorisme ne reconnaît pas les
frontières. Il constitue un problème international pour lequel des solutions
internationales doivent être trouvées, sur la base d?une approche
politique globale. La communauté mondiale doit montrer qu?elle ne
capitulera pas devant le terrorisme, mais qu?elle défendra plus
vigoureusement encore qu?auparavant les valeurs démocratiques, l?Etat de
droit, les droits de l?homme et les libertés fondamentales.
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Rien
ne peut justifier le terrorisme. L?Assemblée considère ces actes
terroristes comme des crimes plutôt que comme des actes de guerre. Toute
action, soit de la part des Etats-Unis seuls, soit de la part d?une
coalition internationale plus large, doit être conforme aux conventions
antiterroristes de l?Onu ainsi qu?aux résolutions du Conseil de
sécurité et doit avoir comme but de traduire en justice les auteurs, les
organisateurs et les sponsors de ces crimes, au lieu de vouloir infliger une
revanche hâtive.
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En
même temps, l?Assemblée estime que la prévention à long terme du
terrorisme passe par une compréhension appropriée de ses origines sociales,
économiques, politiques et religieuses, et de l?aptitude à la haine de l?individu.
En s?attaquant aux racines du terrorisme, il est possible de porter
sérieusement atteinte au support sur lequel s?appuient les terroristes et
à leurs réseaux de recrutement.
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L?Assemblée
soutient l?idée d?élaborer et de signer au plus haut niveau une
convention internationale sur la lutte contre le terrorisme, qui devrait
comporter une définition complète du terrorisme international, ainsi que des
obligations spécifiques imposées aux Etats participants de prévenir les
actes de terrorisme à l?échelle nationale et mondiale, et de punir leurs
organisateurs et leurs exécutants.
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Les
récents actes terroristes semblent avoir été entrepris par des extrémistes
pour qui la violence a été utilisée afin de provoquer un grave affrontement
ultérieur entre l?Occident et le monde islamique. Par conséquent, l?Assemblée
souligne qu?une action menée pour prévenir ou punir des actes terroristes
ne doit pas se fonder sur des critères ethniques ou religieux et ne doit
être dirigée contre aucune communauté religieuse ou ethnique.
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Si
une action militaire fait partie de la réponse au terrorisme, la communauté
internationale doit définir clairement ses objectifs et devrait éviter de
viser des civils. Toute action éventuelle doit être menée conformément au
droit international et avec l?accord du Conseil de sécurité des Nations
Unies. L?Assemblée se félicite donc de la Résolution 1368 (2001) du
Conseil de sécurité, dans laquelle celui-ci se déclare prêt à toutes les
mesures nécessaires pour répondre aux attaques terroristes du
11 septembre 2001 et pour combattre le terrorisme sous toutes ses
formes, conformément à ses responsabilités en vertu de la Charte des
Nations Unies.
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L?Assemblée
se déclare convaincue qu?il serait totalement inapproprié de réagir au
développement du terrorisme en apportant des restrictions supplémentaires à
la liberté de circulation, notamment en entravant davantage les migrations et
l?accès à l?asile, et appelle tous les Etats membres à s?abstenir de
prendre de telles mesures restrictives.
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L?Assemblée
est convaincue que l?action internationale contre le terrorisme ne peut
être efficace que si elle est menée par la plus grande coalition possible.
Elle fait appel à une étroite coopération à l?échelle paneuropéenne,
notamment avec le Parlement européen, dans le cadre d?une action globale,
et appelle l?Union européenne, la Communauté d?Etats indépendants (CEI)
et l?OSCE à coopérer étroitement avec le Conseil de l?Europe.
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L?Assemblée
se déclare favorable à la proposition de mettre en place un mécanisme
antiterroriste international au sein des Nations Unies, qui jouerait un rôle
de coordination et favoriserait la coopération entre les Etats dans le cadre
de la lutte contre le terrorisme.
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L?Assemblée
rappelle son rapport sur le terrorisme en 1984 ainsi que sa Recommandation 1426 (1999) sur les démocraties européennes face au terrorisme.
Elle réitère les propositions formulées dans cette recommandation, y
compris le principe aut dedere aut judicare (soit extrader, soit
juger), et charge ses commissions compétentes de les mettre à jour si
nécessaire.
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L?Assemblée
appelle les Etats membres du Conseil de l?Europe:
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à
rester fermement unis contre tous les actes de terrorisme, qu?ils soient
commandités par des Etats ou perpétrés par des groupes ou organisations
isolés, et à montrer une volonté et une résolution claires de les
combattre;
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à
mettre en place des mesures appropriées, économiques et autres, à l?encontre
des pays qui offrent des asiles sûrs aux terroristes ou leur apportent un
soutien financier et moral;
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à
concentrer leurs efforts sur l?amélioration de la coopération judiciaire
et policière, et sur l?identification et la saisie des fonds utilisés à
des fins terroristes dans l?esprit de la Convention internationale pour la
répression du financement du terrorisme;
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à
réexaminer la portée des dispositions juridiques nationales existantes sur
la prévention et la répression du terrorisme;
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à
prendre les dispositions nécessaires pour s?assurer de l?existence de
mesures internes appropriées pour prévenir et contrecarrer le financement
des terroristes et des organisations terroristes;
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à
lever leurs réserves à toutes les conventions existantes traitant du
terrorisme;
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à
donner accès aux comptes bancaires aux autorités chargées d?enquêter
sur la criminalité internationale et, en particulier, sur les réseaux
terroristes;
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à
renouveler leur engagement et à y apporter le soutien financier nécessaire
pour poursuivre des mesures économiques, sociales et politiques visant à
garantir la démocratie, la justice, les droits de l?homme et le
bien-être à tous les peuples du monde;
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à
étudier d?urgence la possibilité d?amender et d?élargir le Statut
de Rome, pour que figure, parmi les attributions de la Cour pénale
internationale, l?aptitude à juger les actes relevant du terrorisme
international;
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à
réaffirmer leur engagement au statut du Conseil de sécurité des Nations
Unies en tant qu?autorité suprême capable d?approuver les opérations
militaires internationales.
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L?Assemblée
invite les Etats membres des Nations Unies à modifier leur charte afin qu?elle
puisse répondre aussi à des crises autres que celles opposant des Etats.
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L?Assemblée
demande que la présente résolution soit transmise au Congrès et au
Président des Etats-Unis, ainsi qu?au Secrétaire général des Nations
Unies.
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En
outre, l?Assemblée charge son Bureau de veiller à ce que, dans le cadre
des suites données à la présente résolution, une coopération et une
coordination appropriées s?établissent entre l?Assemblée parlementaire
et le Parlement européen, ainsi qu?entre les commissions compétentes de
ces deux institutions.
[1]
Discussion
par l?Assemblée les 25 et 26 septembre 2001 (27e et 28e séances)
(voir Doc. 9228,
rapport de la commission des questions politiques, rapporteur: M. Davis;
et Doc. 9232,
avis de la commission des questions juridiques et des droits de l?homme,
rapporteur: M. Jansson).
Texte
adopté par l?Assemblée le 26 septembre 2001 (28e séance).
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