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RECOMMANDATION 611 (1970)[1]
relative à l'éducation permanente en Europe
L'Assemblée,
1. Rappelant que, sous le thème général de "L'Europe dans
vingt ans", le développement de l'éducation permanente est un
des objectifs majeurs du Conseil de l'Europe ;
2. Rappelant sa Résolution 422 (1969), par laquelle elle
décidait d'apporter sa contribution à l'Année internationale
de l'éducation par une étude sur l'éducation permanente en
Europe ;
3. Félicitant l'UNESCO de contribuer, par l'Année
internationale, à sensibiliser encore davantage l'opinion
publique mondiale à l'importance accrue de l'éducation, aussi
bien en ce qui concerne les pays développés que les pays en
voie de développement ;
4. Notant avec satisfaction que le Conseil de la coopération
culturelle a publié une remarquable série d'études sur
l'éducation permanente ;
5. Considérant, dans une vue prospective, qu'il est capital
pour tous les Etats membres de se doter d'un système éducatif
permettant à chaque individu de s'épanouir au mieux selon un
processus qui se développe durant la vie entière et qui
intègre la diversité des influences éducatives ;
6. Estimant qu'un effort de synthèse s'impose en vue de
dégager les principes que les gouvernements auraient avantage
à appliquer en vue de la mise sur pied d'un système
d'éducation permanente en Europe, répondant aux exigences de
justice sociale et de progrès économique de la société
moderne,
7. Recommande au Comité des Ministres d'inviter le Conseil de
la coopération culturelle à s'inspirer des principes généraux
et des mesures concrètes définis ci-dessous dans ses travaux
visant à la mise au point d'un système d'éducation permanente
à proposer aux Etats adhérents à la Convention culturelle
européenne.
Vers un système d'éducation permanente en Europe
Principes généraux et mesures concrètes
I - Action à long terme
1. Campagne d'information sur la nécessité de l'éducation
permanente pour répondre aux exigences modernes de la justice
sociale et du progrès économique.
2. Définition des objectifs des enseignements fondamentaux
(c'est-à-dire de l'ensemble des enseignements primaire,
secondaire et technique, à l'exclusion des enseignements
supérieurs).
3. Etude, en conséquence :
- du contenu des programmes d'enseignement ;
- de l'interdisciplinarité ;
- de l'attitude à l'égard de la connaissance et de
l'information (transformation de la bibliothèque
traditionnelle en un laboratoire de travaux pratiques
concernant le traitement de l'information).
4. Mise à l'étude des problèmes de docimologie :
- Comment stimuler l'effort sans rompre l'équilibre du travail
et sans introduire une appréhension inhibitive ?
- Comment définir une évaluation continue qui ne soit pas une
prolifération de contrôles pointillistes ?
- Définir, de manière précise, les qualités qu'il s'agit de
déceler au travers du comportement de l'élève dans
l'exploitation des exercices liés à l'enseignement de chaque
discipline ou groupe de disciplines.
Ces qualités étant soigneusement définies et dénommées,
comment peut-on les évaluer quantitativement ?
- Etablissement d'un profil de l'élève comme synthèse
significative des évaluations relatives aux qualités
spécifiques ci-dessus envisagées.
- Révision de la notion de diplôme dans le sens d'une
confirmation périodique des conditions de l'utilisation des
diplômes aux fins de l'exercice d'une responsabilité.
5. Etude de la place du troisième âge dans la société de
l'éducation permanente :
- Comment se préparer à la vie de retraité ?
- Quelle contribution les personnes du troisième âge
peuvent-elles apporter à l'exécution des activités d'éducation
permanente ?
II. Action à court terme
1. Bilan et perspectives de l'éducation des enfants déficients
(6 à 7% de la tranche d'âge).
2. Comment convient-il d'adapter l'enseignement moyen, afin de
le rendre attrayant et efficace pour la proportion des élèves
qui, dans l'application des méthodes scolaires
traditionnelles, révèlent à l'égard de l'école une allergie ou
même une aversion préjudiciable à leur formation et à leur
entrée dans la société de l'éducation permanente ?
3. Etude des problèmes posés par l'établissement d'une
prestation éducative (sociale et professionnelle) au bénéfice
des jeunes se situant dans la tranche d'âge allant de la fin
de la scolarité obligatoire au début des obligations civiques,
et qui ne sont pas engagés dans la poursuite des études ou qui
ne sont pas pris en charge par un système convenable
d'apprentissage et de formation complémentaire. L'aide
éducative ici envisagée doit associer les préoccupations de
formation professionnelle, d'éducation générale, d'activités
culturelles et de loisirs.
4. Etablissement et tenue à jour par le Secrétariat du Conseil
de l'Europe, pour l'ensemble des pays membres, d'un inventaire :
(a) des organismes d'étude et de diffusion de l'éducation
des adultes aux différents niveaux de la qualification
professionnelle ; (b) des activités de jeunesse et de l'organisation des
loisirs ; (c) des mesures prises par les pouvoirs publics ou par les
entreprises afin de faciliter le perfectionnement
culturel et professionnel des personnes engagées dans
la vie active.
5. Inventaire et développement des moyens d'information et
d'orientation qu'il convient de mettre à la disposition des
familles, des maîtres et des élèves, pour faciliter le choix
de la voie à suivre, d'une part au terme de l'enseignement
moyen, d'autre part à la fin de l'enseignement secondaire.
6. La compréhension humaine et les relations économiques entre
les pays européens appellent un effort accru pour étendre,
dans chaque pays, l'enseignement des langues étrangères. Cet
enseignement est d'autant plus efficace qu'il est plus
précoce, sous réserve qu'il soit donné grâce à une pédagogie
adaptée. Il y a donc intérêt à ce qu'il soit donné dès l'école
élémentaire, voire même dès l'école maternelle. La solution de
ce problème repose sur la formation des maîtres de
l'enseignement élémentaire à la pratique des langues
étrangères. Le Conseil de l'Europe a déjà eu l'occasion de
recommander l'échange des élèves-maîtres de l'enseignement
élémentaire entre les pays d'Europe. Il y a donc lieu de faire
le bilan des résultats obtenus, et de prendre toutes mesures
utiles pour accélérer l'extension des échanges et des stages
destinés à la formation linguistique et pédagogique de ces
élèves-maîtres.
[1]. Discussion par l'Assemblée le 22
septembre 1970 (15e séance) (voir Doc. 2817,
rapport de la commission de la culture et de l'éducation).
Texte adopté par l'Assemblée le 22 septembre 1970
(15e séance).
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