RÉSOLUTION 477 (1971)[1]

relative à l'éducation et au développement


L'Assemblée,

1. Ayant examiné le rapport de sa commission de la culture et de l'éducation sur "l'éducation et le développement" (Doc. 2912) ;

2. Constatant que les pays en voie de développement se caractérisent :

(i) sur le plan économique, par des économies de type essentiellement agricole dans lesquelles la pyramide des qualifications accuse des distorsions graves, faisant apparaître une pléthore de main-d'oeuvre non qualifiée, une pénurie de techniciens et un nombre élevé d'universitaires ;

(ii) sur le plan social, par une démographie galopante, doublée d'une explosion revendicatrice, les populations du tiers monde prenant de plus en plus conscience que le fossé qui les sépare des pays industrialisés s'élargit ;

(iii) sur le plan scolaire, par des systèmes éducatifs qui méconnaissent trop souvent la civilisation du pays et ses besoins économiques, et qui orientent notamment les ambitions vers l'université, alors que l'enseignement technique est négligé ;

3. Considérant, dès lors, qu'il est de l'intérêt bien compris des pays en voie de développement de redéfinir les objectifs de l'éducation en l'organisant en fonction du développement ;

4. Consciente que les contraintes financières et les exigences du développement doivent jouer un rôle déterminant dans la planification nécessaire de l'éducation dans les pays en voie de développement, et qu'il s'agit par conséquent de réaliser l'optimisation de l'emploi des ressources par la définition des priorités et la mise sur pied de programmes s'étendant sur une période convenable ;

5. Estimant que les pays industrialisés, plutôt que d'envoyer dans les pays en voie de développement des maîtres dispensant un enseignement identique à celui qu'ils donneraient chez eux, devraient aider ces pays dans la recherche des enseignements qui leur soient adaptés et qui puissent par conséquent s'intégrer dans les actions du développement ;

6. Estimant, en outre, qu'une stratégie nouvelle de l'éducation, susceptible de réaliser l'intégration de tous les intérêts qui sont en jeu, commande dans les pays en voie de développement une politique de formation d'exécutants qualifiés et de cadres moyens, doublée d'une politique d'encouragement à la formation professionnelle,

7. Charge ses membres de faire prévaloir, lors de débats dans leurs parlements nationaux sur l'aide aux pays en voie de développement, les principes ci-dessous, visant à une intégration de l'éducation dans le processus du développement :

- Redéfinition des objectifs de l'éducation dans les pays en voie de développement en :

(i) assignant à l'éducation une priorité utilitaire ;

(ii) pratiquant une politique de démocratisation de l'enseignement, laissant place à une sélection équitable ;

(iii) insérant l'école dans le milieu environnant ;

(iv) planifiant l'éducation par des programmes quantitatifs et sélectifs, notamment sur le plan des études universitaires ;

- Mesures pratiques susceptibles d'améliorer le système d'enseignement dans les pays en voie de développement :

(i) contribution des pays développés à la création et au fonctionnement de centres d'études pour l'application de l'éducation au développement, notamment par une meilleure intégration de l'école primaire dans les activités de l'environnement ;

(ii) promotion de la formation d'exécutants qualifiés et de cadres moyens, en rapprochant cette formation de la réalité socio-professionnelle ;

(iii) encouragement à la promotion et à la formation professionnelle qui doit se développer en faveur des travailleurs concurremment à la voie traditionnelle scolaire et universitaire ;

(iv) orientation de l'université vers les besoins du développement pour ce qui est de la formation des cadres supérieurs et de la recherche scientifique.


[1]. Discussion par l'Assemblée le 26 janvier 1971 (27e séance) (voir Doc. 2912, rapport de la commission de la culture et de l'éducation).

Texte adopté par l'Assemblée le 26 janvier 1971 (27e séance).