RÉSOLUTION 807 (1983)[1]
relative à la coopération européenne en
matière d'éducation
L'Assemblée,
1. Ayant examiné le rapport de sa commission de la culture et de
l'éducation sur la coopération européenne en
matière d'éducation (Doc. 5138) ;
2. Considérant que l'éducation fait partie
intégrante de la coopération culturelle européenne, et
rappelant sa récente Recommandation 940 (1982) sur ce sujet ;
3. Rappelant également qu'elle conçoit l'éducation
comme un processus continu, permanent, directement lié au
développement culturel de l'individu ;
4. Reconnaissant l'importance capitale de l'éducation pour la
transmission des valeurs de la société démocratique
occidentale et pour la formation des futurs citoyens ;
5. Consciente des contraintes budgétaires qui obligent la
plupart des Etats membres à réduire les dépenses
gouvernementales, mais affirmant avec vigueur que l'éducation n'est pas
un secteur dans lequel on peut aisément diminuer les
crédits ;
6. Convaincue qu'il importe de réaffirmer les objectifs à
long terme de l'éducation, mais qu'il est nécessaire de modifier
le système d'éducation pour qu'il soit en mesure de
répondre plus efficacement et avec plus de souplesse à certains
défis de la société occidentale moderne ;
7. Souhaitant que l'éducation contribue davantage à
développer chez les jeunes :
i. le sens de la responsabilité civique ;
ii. la tolérance, tels la compréhension interculturelle
et le rejet de la violence politique et de toutes les autres formes de
violence ;
iii. l'appréciation des compétences manuelles aussi
bien que des compétences intellectuelles ;
iv. la reconnaissance de l'égalité entre les
sexes ;
v. un seuil de connaissances scientifiques et techniques, ainsi
qu'une approche critique des médias ;
vi. la créativité culturelle ;
8. Persuadée que ces objectifs devraient être
définis dès le début de la scolarité obligatoire,
et invitant le Conseil de la coopération culturelle à tenir
compte de ce fait dans l'élaboration du projet relatif à
l'éducation primaire et dans le suivi de ses travaux sur la
préparation à la vie, comme le Comité des Ministres en a
récemment exprimé la volonté en adoptant sa Recommandation
n° R (83) 13 ;
9. Appelant de ses voeux une meilleure coordination entre la politique
de l'éducation et la politique de l'emploi afin de réduire le
chômage des jeunes, en particulier en instituant des rapports plus
étroits entre l'éducation et le monde du travail, et en faisant
une plus large place à l'éducation des adultes comme prolongement
du processus éducatif après l'entrée dans la vie active,
et tout spécialement intéressée par les travaux
menés dans ce domaine par l'OCDE et les Communautés
européennes ;
10. Soucieuse de maintenir le niveau de l'enseignement, la
qualité et la motivation des enseignants, par une sérieuse
formation des maîtres en exercice, et par un meilleur équipement
technologique des écoles, et invitant le Conseil de la
coopération culturelle du Conseil de l'Europe à entreprendre des
travaux dans ce domaine ;
11. Souhaitant aussi voir se développer une association plus
étroite entre l'école, le foyer et la communauté, afin de
pouvoir profiter des ressources disponibles et faire en sorte que
l'éducation de type classique conserve son intérêt et
demeure proche des réalités quotidiennes ;
12. Inquiète des difficultés auxquelles se heurtent les
établissements d'enseignement supérieur, et se félicitant
par conséquent de l'organisation à Strasbourg, en novembre 1983,
par la Conférence régulière sur les problèmes
universitaires, de la Conférence sur les politiques de l'enseignement
supérieur et de la recherche en Europe ;
13. Tout en étant consciente que l'éducation est avant
tout la responsabilité des collectivités locales et nationales,
se félicite de l'action menée par les organes internationaux dans
le secteur de l'éducation, et souligne la nécessité de
veiller sans cesse à bien coordonner ces activités et à
éviter les chevauchements ;
14. Exprime sa conviction qu'il importe de réaffirmer le
rôle de la Conférence permanente des ministres européens de
l'Education en tant qu'organe ayant une vue d'ensemble sur la
coopération européenne dans le domaine de
l'éducation ;
15. Appuie les textes adoptés par la conférence à
sa 13e Session, à Dublin, en mai 1983 ;
16. Invite la conférence permanente à établir des
relations de travail avec d'autres organes ministériels en Europe, tant
avec les ministres responsables dans des domaines connexes comme la culture et
l'emploi qu'avec les réunions ministérielles au sein des
organisations concernées ;
17. Rappelle également son désir, déjà
exprimé dans les Recommandations 746, 850 et 940, de voir s'instaurer
des relations de travail plus étroites entre les ministres de
l'Education et le Conseil de l'Europe, par l'entremise de la conférence
permanente et du Comité des Ministres siégeant occasionnellement
au niveau des ministres de l'Education ;
18. Souhaite davantage d'informations clairement rédigées
sur les activités en cours d'organes contribuant à la
coopération européenne en matière d'éducation,
ainsi qu'une meilleure exploitation des résultats des travaux du Conseil
de l'Europe, et de ceux d'autres organisations, qu'il convient de diffuser et
de discuter plus à fond aux niveaux national et régional ;
19. Invite les autorités compétentes aux niveaux
national, régional et local dans les Etats membres, à tenir
compte de cette résolution lorsqu'elles élaboreront les
politiques d'éducation.
[1]. Discussion par l'Assemblée le 3
octobre 1983 (19e séance) (voir Doc. 5138, rapport de la
commission de la culture et de l'éducation).
Texte adopté par l'Assemblée le 3 octobre 1983
(19e séance).
|