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RÉSOLUTION
1099 (1996)[1]
relative à
l'exploitation sexuelle des enfants
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Profondément indignée et attristée par les crimes commis contre des enfants,
récemment en Belgique, mais aussi dans plusieurs autres pays européens, l'Assemblée
rappelle que l'exploitation sexuelle des enfants est une violation inacceptable des droits
de l'homme.
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Ces
événements, qui ont révélé l'existence et le développement de réseaux
organisés de pédophilie enfantine, ainsi que l'horreur de la traite des enfants en
Europe, ont fait apparaître les failles et les insuffisances de la coopération
judiciaire et policière en Europe.
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L'Assemblée n'a cessé de rappeler que les enfants sont vulnérables et «ont besoin
d'une aide, d'une protection et de soins tout particuliers» (Recommandation 1121 (1990)).
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L'Assemblée rappelle sa
Recommandation 1065 (1987) relative à la traite et à
d'autres formes d'exploitation des enfants, dans laquelle elle demandait notamment
d'«adopter des lois et des réglementations strictes pour combattre la pornographie
enfantine et harmoniser la législation des Etats membres en la matière», et invite
fermement les Etats membres à combattre la pornographie enfantine, quels qu'en soient les
supports (publications, vidéo, réseaux Internet).
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L'Assemblée invite les Etats membres du Conseil de l'Europe à unir leurs efforts,
leurs moyens et leurs ressources pour combattre la prostitution, la traite et la
pornographie enfantines, pour que cesse l'exploitation sexuelle des enfants, et appelle à
renforcer de façon urgente la coopération internationale.
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L'Assemblée se félicite des efforts actuellement entrepris pour promouvoir la cause
des enfants, et souscrit pleinement aux conclusions et au plan d'action du Congrès
mondial sur l'exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales, qui s'est tenu
à Stockholm du 27 au 31 août 1996.
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L'Assemblée rappelle que dans sa
Recommandation 1286 (1996) elle recommandait au
Comité des Ministres d'accorder aux travaux concernant la protection des enfants et de
leurs droits une priorité absolue, et de créer une structure permanente à composition
multidisciplinaire, habilitée à traiter de toutes les questions relatives aux
enfants.
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L'Assemblée rappelle que dans sa
Recommandation 1121 (1990) et dans son
Avis no 186
(1995) elle demandait au Comité des Ministres d'élaborer un protocole additionnel à la
Convention européenne des Droits de l'Homme sur les droits de l'enfant, afin de les
rendre justiciables.
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L'Assemblée invite les Etats membres à soutenir les travaux d'élaboration d'un
protocole facultatif à la Convention internationale des Nations Unies sur les droits des
enfants relatif à la traite, à la prostitution et à la pornographie des
enfants.
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L'Assemblée insiste pour que les Etats membres qui ne l'ont pas encore fait:
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signent, ratifient et appliquent la Convention internationale sur les droits des
enfants de 1989 et la Convention européenne sur l'exercice des droits des enfants;
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signent, ratifient et appliquent les conventions de droit pénal pertinentes du
Conseil de l'Europe (Convention européenne d'extradition et ses protocoles, Convention
européenne d'entraide judiciaire en matière pénale, etc.).
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L'Assemblée rappelle la nécessité, énoncée dans ses Recommandations
1121 (1990)
et 1286 (1996) de développer des programmes d'information et des mesures préventives, et
notamment:
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de désigner un médiateur pour enfants (ombudsman) ou de créer une structure
appropriée dans chaque pays, au niveau local ou national, chargée d'informer les enfants
de leurs droits, de les conseiller et d'intervenir en leur nom;
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de promouvoir des campagnes d'information des enfants et de leurs parents, mais
aussi des programmes de prise en charge éducative et psychologique des enfants victimes
d'exploitation sexuelle.
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L'Assemblée encourage les Etats membres à renforcer les mesures répressives au
niveau national et à adopter sans tarder une législation répressive sur l'exploitation
sexuelle des enfants, et elle souligne en particulier la nécessité:
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d'inclure dans la législation pénale nationale le principe de
l'extraterritorialité des poursuites et des condamnations des crimes et délits;
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de prévoir des délais de prescription des poursuites contre les crimes et délits
sexuels contre les mineurs suffisamment larges (d'au moins vingt ans, avec un délai pour
agir d'au moins cinq ans à l'issue de la majorité);
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de créer les nouvelles infractions pénales suivantes, assorties de peines
dissuasives:
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détention de documents, vidéos et photos pornographiques mettant en scène des
enfants;
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fabrication, transport, diffusion de documents pornographiques mettant en scène des
mineurs;
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diffusion ou enregistrement de l'image d'un mineur présentant un caractère
pornographique;
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de prévoir la criminalisation de toutes les infractions sexuelles sur les enfants;
de telles infractions ne doivent en aucun cas recevoir une qualification délictuelle;
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d'harmoniser, dans la mesure du possible au niveau européen, le traitement des
délinquants sexuels, en ce qui concerne notamment la libération conditionnelle, le
traitement psychologique et le contrôle social;
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d'inscrire dans la législation qu'un mineur de moins de 15 ans ne peut pas donner
son consentement à des relations sexuelles avec un majeur;
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d'accorder aux associations de protection de l'enfance et aux organisations non
gouvernementales (ONG) le droit de se porter partie civile dans des cas d'abus sexuel
d'enfants.
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L'Assemblée invite les Etats membres à prendre des mesures concrètes pour mettre
fin au tourisme sexuel, notamment par des sanctions pénales et administratives à
l'encontre des agences de voyage et des tour-opérateurs (retrait de licence, amendes,
etc.), et en dissuadant les candidats au tourisme sexuel, notamment par la projection de
films dans les avions à destination de pays à risque, montrant les graves préjudices au
développement psychosocial et physique du jeune victime d'abus sexuel, et par la remise
de dépliants sur l'exploitation sexuelle des enfants, à la descente d'avion.
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L'Assemblée invite également les Etats membres à coopérer étroitement avec les
pays étrangers dont les enfants et les adolescents sont victimes d'exploitation sexuelle
de la part de leurs ressortissants afin de lutter contre le tourisme sexuel à
l'étranger.
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En outre, l'Assemblée préconise que des mesures de formation spécifique des
professionnels en relation avec les enfants (éducateurs, enseignants, magistrats,
avocats, etc.) soient mises en place dans les Etats membres, et que des unités
spécialisées soient créées dans la police et dans la magistrature, pour accueillir les
mineurs victimes d'abus sexuels.
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L'Assemblée demande aux Etats membres:
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d'inclure dans les programmes scolaires une information sur les risques que les
enfants pourraient courir et sur les moyens de se défendre;
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d'inviter les médias à contribuer à une prise de conscience générale et à
adopter des règles déontologiques appropriées.
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L'Assemblée constate que les actions nationales sont limitées et ne peuvent
efficacement lutter contre l'exploitation et la traite organisées en réseaux, et elle
invite les Etats membres à renforcer la coopération judiciaire et policière
transfrontalière en Europe; elle soutient pleinement les initiatives visant à améliorer
le dispositif Europol.
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L'Assemblée rend hommage aux organisations non gouvernementales et aux
organisations telles que l'Unicef, l'ECPAT (End Child Prostitution in Asian Tourism), le
Bureau national de l'enfance (Londres), etc., qui travaillent à la protection et à
l'information des enfants et des adolescents contre l'exploitation sexuelle, et s'engage
totalement à coopérer et à travailler avec elles.
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Enfin, l'Assemblée renouvelle sa proposition de créer un médiateur européen des
enfants, dans le cadre du Conseil de l'Europe.
[1] Discussion par l'Assemblée le 25 septembre 1996 (28e séance) (voir
Doc. 7659, rapport de la commission des questions juridiques et des droits de l'homme,
rapporteuse: Mme Err).
Texte adopté par l'Assemblée le 25 septembre 1996 (28e séance).
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