Recommandation 1353 (1998)1
Accès des minorités à lenseignement supérieur
1. LAssemblée considère que les minorités devraient être en mesure
dexprimer leur identité et de développer leur éducation, leur culture, leur
langue et leurs traditions, et que les Etats devraient prendre toutes les mesures
nécessaires à cet effet. En outre, cest pour lEurope le seul moyen de
préserver sa grande diversité culturelle.
2. Léducation est un droit fondamental de la personne et, par conséquent,
laccès à tous les niveaux denseignement, y compris supérieur, devrait être
ouvert dans les mêmes conditions à tous les résidents permanents des Etats signataires
de la Convention culturelle européenne.
3. Ce nest pas le cas à lheure actuelle, car les membres des minorités
nationales sont souvent sous-représentés dans lenseignement supérieur. Le coût
prévisionnel, les problèmes de reconnaissance des qualifications, labsence
denseignement primaire et secondaire adapté et, parfois, lopposition
politique concourent à cette situation.
4. Daprès plusieurs études notamment les résultats de létude
triennale sur laccès à lenseignement supérieur en Europe menée par le
Comité de lenseignement supérieur et de la recherche (CC-HER) du Conseil de la
coopération culturelle la situation socio-économique des minorités est très
souvent aussi un obstacle à leur accès à lenseignement supérieur. Cela est
particulièrement vrai dans le cas des Rom/Tsiganes.
5. Les données statistiques sur la participation des minorités à lenseignement
supérieur sont, dans beaucoup de pays européens et pour diverses raisons, très
incomplètes.
6. LAssemblée recommande donc au Comité des Ministres dinviter les
gouvernements des Etats signataires de la Convention culturelle européenne à prendre en
compte les principes suivants lors de la révision de leur politique nationale en matière
déducation:
i. les gouvernements devraient éviter dimposer lusage exclusif de la
langue officielle et sabstenir de mettre en uvre des politiques tendant à
lassimilation des cultures minoritaires dans la culture majoritaire;
ii. les membres dune minorité linguistique devraient pouvoir accéder à des
types et des niveaux adaptés denseignement public dans leur langue maternelle les
préparant à lenseignement supérieur;
iii. tous les citoyens devraient pouvoir étudier leur langue et leur culture en
général, et également au niveau universitaire; les personnes appartenant à des groupes
minoritaires devraient être encouragées à participer à lenseignement supérieur
tant dans leur propre pays quà létranger; la reconnaissance mutuelle des
qualifications devrait être recherchée, en particulier entre des Etats voisins;
iv. les gouvernements devraient reconnaître la liberté fondamentale
dentreprendre des études supérieures et de créer des établissements à cet
effet; ces établissements devraient bénéficier dun soutien officiel dès lors que
leur qualité satisfaisante a été établie sur une base non discriminatoire et
équitable et quune demande réelle existe bien; la langue ne devrait pas
être un critère de reconnaissance des institutions ou qualifications;
v. les établissements denseignement supérieur devraient développer des
programmes ouverts sur lextérieur visant à faciliter laccès des minorités,
par exemple en collaborant plus étroitement avec les établissements denseignement
secondaire;
vi. les étudiants des groupes minoritaires devraient avoir la possibilité de passer
les examens daccès à lenseignement supérieur dans leur langue maternelle;
vii. un système de bonus, accordé sur la base de la langue lors de lexamen
dentrée, pourrait être mis en place en faveur des personnes appartenant aux
minorités linguistiques;
viii. les jeunes appartenant à des minorités devraient pouvoir, comme les autres
jeunes et dans les mêmes conditions, recevoir une formation professionnelle après
lenseignement de base général et suivre un enseignement à tout niveau, que ce
soit ou non dans leur langue maternelle, sans charge financière supplémentaire;
ix. des cours spéciaux dans les langues et les cultures minoritaires devraient être
inclus dans les programmes des instituts de formation des enseignants;
x. il faudrait utiliser plus largement les nouvelles technologies de linformation
et de la communication car elles sont particulièrement adaptées à lenseignement
des groupes minoritaires et des étudiants des régions géographiquement éloignées;
xi. tant laccès que la participation ultérieure des minorités à
lenseignement supérieur devraient faire lobjet dun contrôle
daprès les données volontairement communiquées par les étudiants et
conformément au principe de la protection des données.
7. LAssemblée recommande aussi au Comité des Ministres:
i. de fournir lassistance dexperts, par exemple par lintermédiaire
du CC-HER et la mise en uvre de projets pilotes, aux universités et aux
gouvernements des pays dans lesquels les minorités ont des difficultés à accéder à
lenseignement supérieur;
ii. dappuyer la réalisation détudes de cas institutionnelles axées sur
le thème des minorités dans lenseignement supérieur en Europe;
iii. denvisager ladoption du projet de recommandation sur laccès à
lenseignement supérieur approuvé par le Conseil de la coopération culturelle le
22 janvier 1998.
__________
1. Discussion par lAssemblée le 27 janvier 1998 (3e séance)
(voir Doc. 7888, rapport de la commission de la culture et de léducation,
rapporteur: Mme Isohookana Asunmaa).
Texte adopté par lAssemblée le 27 janvier 1998 (3e séance).
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