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Recommandation 1383 (1998)[1]
Diversification linguistique
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La diversité linguistique de lEurope constitue un riche patrimoine culturel
quil faut sauvegarder et protéger.
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La maîtrise des langues étrangères, outre ses dimensions culturelle et
utilitaire, est un facteur décisif de compréhension entre les peuples, de tolérance
entre les diverses communautés, quelles soient nationales ou étrangères, ainsi
que de paix entre les nations, et constitue un moyen privilégié de sopposer au
retour des barbaries de toute nature.
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Les statistiques existantes démontrent que la majorité écrasante des élèves en
Europe apprend langlais, alors que dautres "grandes" langues
européennes, telles que le français, lallemand, lespagnol et litalien,
arrivent loin derrière. Des langues parlées par des centaines de millions de personnes
dans le monde comme le russe, le portugais, larabe ou le chinois occupent une place
minime dans les cursus scolaires. De plus, le niveau de lenseignement de ces langues
nest pas toujours satisfaisant.
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On ne peut pas contester limportance dune lingua franca, représentée
de nos jours par langlais, dans le contexte de la globalisation engendrée par les
télécommunications, le tourisme et le commerce. Cependant, la seule connaissance de
langlais, envisagé comme langue véhiculaire de communication internationale,
apparaît insuffisante pour permettre à lEurope de rester présente dans la
compétition économique internationale et de sauvegarder sa diversité culturelle.
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Lenseignement des langues vivantes dans les systèmes éducatifs des Etats
membres du Conseil de lEurope doit, par conséquent, être davantage diversifié. Il
doit se traduire par lacquisition non seulement de langlais, mais aussi
dautres langues européennes et mondiales par tous les citoyens européens, en
parallèle avec la maîtrise de leur langue nationale et, le cas échéant, régionale.
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Une politique rénovée des langues vivantes dans les systèmes éducatifs
européens doit être guidée par les objectifs suivants:
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une diversification linguistique correspondant aux nouveaux besoins nés du
développement des échanges internationaux;
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un enseignement des langues des minorités locales dans les écoles, sil y a
une demande suffisante;
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le développement dune compétence satisfaisante, dans au moins deux langues
étrangères, par lensemble des élèves en fin de scolarité;
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la possibilité dun apprentissage de langues vivantes tout au long de la vie;
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la reconnaissance des compétences partielles et du savoir-apprendre;
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une connaissance des réalités sociales, économiques et culturelles des pays où
la langue est parlée.
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Par conséquent, lAssemblée recommande au Comité des Ministres:
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de définir la diversification linguistique comme une priorité de la politique
linguistique. En termes pratiques, le Conseil de la coopération culturelle (CDCC) devrait
procéder régulièrement à des enquêtes comparatives sur la diversification
linguistique dans ses pays membres, lui servant de base pour lélaboration de
politiques européennes dans ce domaine. Afin déviter les doubles emplois, ces
études devraient être faites en complémentarité avec le bureau Eurydice de
lUnion européenne. La première enquête devrait être effectuée dans le cadre de
la conférence sur les politiques pour lapprentissage des langues, prévue pour
1999;
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de promouvoir la connaissance dau moins deux langues étrangères en fin de
scolarité, lapprentissage de la deuxième commençant dans le secondaire;
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dassocier lAssemblée parlementaire à la préparation de
lannée européenne des langues, envisagée par le Conseil de la coopération
culturelle pour 2001;
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daccélérer les travaux sur les "niveaux-seuils", le Cadre
européen commun de référence et le Portfolio européen des langues, et de poursuivre
laide pour lengagement dexperts à lélaboration de politiques
linguistiques nationales;
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de sassurer que les travaux entrepris au sein du CDCC dans le domaine de
léducation tout au long de la vie et dans celui des nouvelles technologies
comportent un volet linguistique.
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LAssemblée recommande également au Comité des Ministres dinviter les
Etats membres:
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à promouvoir la création de schémas linguistiques régionaux, établis en liaison
avec les élus régionaux et les collectivités locales, afin de recenser les
potentialités linguistiques existantes et de développer lenseignement des langues
concernées, en prenant en compte la présence de groupes humains dorigine
étrangère, les jumelages, les échanges et la proximité des pays étrangers;
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à développer les accords de coopération linguistique entre régions
frontalières;
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à promouvoir lenseignement à distance, pour rendre accessibles les grandes
langues européennes à lensemble des petits établissements et pour favoriser le
développement des langues moins enseignées;
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à constituer des réseaux détablissements pour assurer la diversité de
loffre linguistique (langues minoritaires et langues moins enseignées);
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à promouvoir et développer lenseignement bilingue et la mise en place de
dispositifs afin que les élèves puissent passer des examens de fin de scolarité
entièrement ou en partie dans la langue étrangère choisie;
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à étendre les formules de séjours linguistiques:
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en les rendant obligatoires au cours de la scolarité;
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en généralisant un financement exclusivement public;
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en faisant bénéficier des classes entières de ces échanges;
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en les rendant partie intégrante à la formation des enseignants;
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à inciter les Etats membres à recourir plus largement aux enseignants
étrangers, en développant des échanges massifs denseignants au sein des Etats
membres, assortis de garantie de carrière et de statut;
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à veiller à ce que la relève des professeurs de langues minoritaires soit
assurée selon un plan de recrutement établi après une étude des besoins à moyen et à
long terme dans chaque pays;
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à privilégier une pédagogie destinée à développer lexpression orale en
utilisant des matériaux audiovisuels, des médias interactifs, en définissant une
coopération avec des chaînes de télévision éducatives et en promouvant des films à
la télévision et au cinéma en version originale;
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à promouvoir la création de matériel audiovisuel dans les différentes langues
régionales de chaque pays, de même que la publication de journaux et de livres dans les
langues régionales à lusage de toute la population;
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à promouvoir un enseignement davantage centré sur les dimensions culturelle et
sociale des pays concernés;
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à veiller à la mise en place et au bon fonctionnement dun système de
licences pour les établissements denseignement de langues étrangères privés afin
de sassurer que les compétences acquises correspondent aux normes officiellement
établies.
[1]
Discussion par lAssemblée le 23 septembre 1998 (29e séance) (voir Doc. 8173, rapport de la commission de la culture et de léducation,
rapporteur: M. Legendre).
Texte adopté par lAssemblée le 23 septembre 1998 (29e séance).
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