“Le dialogue avec le Bélarus doit reprendre” estime un rapporteur de l’APCE

«Il est primordial que le Conseil de l’Europe engage une réflexion approfondie sur la stratégie à adopter afin de promouvoir  les valeurs démocratiques au Bélarus. Je ne souscris pas à la rupture de tout contact avec les autorités bélarusses, car une telle politique a déjà prouvé qu’elle n’avait aucun impact sur la situation du pays et qu’elle réduit la possibilité d’entrer en contact avec la population bélarusse » a déclaré aujourd’hui Andrea Rigoni (Italie, ADLE), qui préconise la mise en place d’un cadre de dialogue progressif s’appuyant sur une politique de voisinage.

 

Lors d’un échange de vues sur la situation au Bélarus, M. Rigoni, rapporteur sur la question, a clairement marqué sa position, selon laquelle l’Assemblée et le Conseil de l’Europe devaient renouer le dialogue politique avec le Bélarus, seul pays européen non membre du Conseil de l’Europe et dont le statut d’invité spécial a été suspendu en 1997, en raison du référendum restreignant les droits et les prérogatives de son Parlement.

 

« Le Bélarus partage une histoire commune avec le reste de l’Europe et est ouverte au dialogue. Nous souhaitons la stabilité et la démocratie pour notre pays et nous rapprocher des standards établis par le Conseil de l’Europe, comme en témoigne notre volonté d’engager un moratoire sur la peine de mort » a déclaré Natalia Andreichik, Présidente de la Commission permanente pour la législation et l’Administration d’Etat du Conseil de la République de Bélarus, qui participait à la discussion. Elle a précisé que son pays est en mesure d’apporter une contribution aux travaux du Conseil de l’Europe et de l’APCE, notamment sur les questions de la lutte contre la corruption, la lutte contre la traite des êtres humains, le dialogue interreligieux et les migrations.

 

Vinchuk Viachorka, membre du parti d’opposition BNF, a toutefois indiqué que la situation des droits de l’homme et de l’état de droit au Bélarus avait sensiblement régressé depuis le début de l’année et que le pouvoir continuait d’entraver les activités de l’opposition, des ONG, de la société civile et des médias indépendants. Il a ajouté que des personnes continuaient à être emprisonnées pour raison politique.