Les centres d’accueil de Lampedusa inadaptés à la rétention de migrants

Strasbourg, 03.10.2011 – Les centres d’accueil de Lampedusa ne sont pas adaptés à la rétention de migrants en situation irrégulière, notamment les Tunisiens ; ils y sont de facto emprisonnés, sans accès à un juge, a indiqué la Sous-commission ad hoc de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) sur l’arrivée massive de migrants en situation irrégulière, de demandeurs d’asile et de réfugiés sur les rivages du sud de l’Europe, dans son rapport de visite à Lampedusa (*), déclassifié aujourd’hui. « Les centres d’accueil doivent garder leur vocation d’accueil, et ne pas être détournés en centres de rétention », a déclaré Christopher Chope, (Royaume-Uni, GDE), Président de la sous-commission ad hoc et de la Commission des migrations, des réfugiés et de la population de l’APCE.

Dans ce contexte, la sous-commission ad hoc, s’inquiète des tensions qui se sont accrues de façon exponentielle sur l’île : un incendie volontaire survenu le 20 septembre dans le principal centre d’accueil, causant d’importants dégâts, a en effet provoqué une montée de violence et conduit les autorités italiennes à déclarer Lampedusa « port non sûr ». « Il faut condamner fermement ces actes de violence, qui ne rendent pas justice aux efforts déployés par la population locale et par les garde-côtes italiens qui, jour après jour, font tout leur possible pour porter secours aux personnes en détresse en mer et leur offrir un abri temporaire sur l’île », ont déclaré les membres de la sous-commission ad hoc.

L’année 2011 a été marquée par de nombreuses tragédies en mer Méditerranée et des milliers de personnes y ont perdu la vie en tentant de rejoindre les côtes européennes. En raison de sa proximité avec l’Afrique du Nord, Lampedusa est un territoire clé pour empêcher de nouveaux décès en mer. « Tant que le port de Lampedusa sera considéré comme un port ‘non sûr’, les traversées seront plus longues, plus périlleuses et les opérations de sauvetage des garde-côtes seront ralenties par de plus grandes distances à parcourir au départ de la Sicile. Pour sauver des vies, il est urgent que Lampedusa puisse à nouveau accueillir des arrivants », a commenté M. Chope.

Dans son rapport, la sous-commission ad hoc a appelé les autorités italiennes à augmenter au plus vite les capacités d’accueil de Lampedusa et à garantir le transfert rapide des nouveaux arrivants vers des centres d’accueil situés ailleurs en Italie. Des structures d’accueil adéquates devraient également être prévues pour les mineurs non accompagnés, en veillant à ce qu’ils ne soient pas détenus et qu’ils soient séparés des adultes.

Lampedusa reste toujours en première ligne des arrivées par la mer de flux migratoires mixtes, notamment en provenance de Libye et de Tunisie ; les arrivées n’ont pas diminué, et l’Italie et l’Europe doivent être prêtes à faire face à des arrivées potentiellement plus nombreuses encore.