Les boat-people abandonnés : la rapporteure de l’APCE sollicitera l’aide du PE pour identifier les responsables

Strasbourg, 25.05.2012 – Tineke Strik (Pays-Bas, SOC), dont le rapport « Vies perdues en Méditerranée : qui est responsable ? » a été adopté récemment par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), sera à Bruxelles le 30 mai pour présenter ses conclusions aux membres du Parlement européen (PE) et leur demander leur aide pour mieux comprendre comment on avait pu laisser mourir en mer 63 personnes parties de Libye en mars 2011 pour fuir les conflits.

S’adressant à la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement, elle réitèrera l’appel de l’Assemblée au PE à user « de son pouvoir institutionnel pour demander et obtenir des informations supplémentaires, y compris les clichés pertinents pris par satellite, afin de faire toute la lumière sur les faits qui ont entouré cet incident ».

« Nous savons que des navires, y compris militaires, sont passés très près des désespérés et ont été informés que leur bateau était en détresse, sans pourtant leur porter secours », a déclaré la sénatrice avant sa visite. « Je souhaite voir comment le Parlement européen peut utiliser ses moyens institutionnels pour nous aider à établir précisément qui était sur les lieux à ce moment et exercer une pression pour que soient révélés les faits qui restent encore à l’être ».

A la suite d’un débat plénier qu’elle a eu le mois dernier, l’APCE a conclu que le fait de ne pas répondre à des appels de détresse et une « absence de responsabilité » en matière de recherche et de sauvetage faisaient partie de « l’inventaire de défaillances » ayant entraîné les décès survenus au terme de ces quinze jours d’un voyage tragique.

Les parlementaires ont indiqué que les autorités de recherche et de sauvetage, l’OTAN, les Etats du pavillon des navires présents dans la zone, les autorités libyennes et les trafiquants indifférents étaient de ceux qui devaient se partager la responsabilité. L’OTAN, en particulier, « n’a pas réagi aux appels de détresse » envoyés dans une zone militaire placée sous son contrôle, ont-ils déclaré.