Une commission dénonce les violations de l’intégrité physique des enfants

Strasbourg, 27.06.2013 – « Des parents, souvent animés de bonnes intentions, donnent leur consentement à des opérations ou interventions, non justifiées sur le plan médical, qui peuvent avoir de graves conséquences sur l’intégrité physique de leurs enfants, dont certains souffrent toute leur vie », a déclaré Marlene Rupprecht (Allemagne, SOC), dont le rapport a été adopté aujourd’hui par la Commission des questions sociales, de la santé et du développement durable de l’APCE.

Ces pratiques dénoncées par Mme Rupprecht recouvrent la circoncision des jeunes garçons pour des motifs religieux, les mutilations génitales féminines dans certaines cultures, les interventions médicales dans le cas d’enfants intersexués, et la soumission forcée d’enfants à des piercings, tatouages ou opérations de chirurgie plastique.

S’agissant de la circoncision, sa nécessité doit être soigneusement examinée au cas par cas, si elle est invoquée dans le cadre médical; dans le contexte religieux, les familles doivent être systématiquement et pleinement informées sur les risques de l’opération et sur toutes les alternatives, indique le rapport.

Les mutilations génitales féminines, qui n’ont aucun avantage médical, mais visent à contrôler le comportement sexuel des jeunes filles et des femmes tout au long de leur vie, doivent quant à elles faire l’objet d’une interdiction officielle par voie législative, s’accompagnant de mesures effectives et de sanctions pour les éradiquer, et d’une sensibilisation de l’opinion publique, selon la commission.

Le rapport préconise différentes actions pour protéger efficacement les enfants, notamment combler les vides juridiques les plus flagrants (par exemple, l’obligation d’un personnel médical qualifié pour réaliser les circoncisions, dans des conditions stériles), sensibiliser les familles pour leur permettre de comprendre les risques de certaines opérations, et à plus long terme, changer des pratiques culturelles et religieuses profondément ancrées et non contestées, mais très souvent néfastes pour l’enfant.

Il devrait être débattu lors de la prochaine session plénière de l’APCE à Strasbourg (30 septembre – 4 octobre 2013)