Lampedusa: appel à une enquête sur des allégations de non assistance à personnes en détresse

Strasbourg, 04.10.2013 –Tineke Strik (Pays-Bas, SOC), Rapporteure de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) sur les « Vies perdues en Méditerranée », a demandé aujourd’hui l’ouverture d’une enquête sur les allégations selon lesquelles des bateaux de pêcheurs et autres embarcations n'auraient pas porté secours à des personnes qui se noyaient au large de l’île de Lampedusa.

« Je suis profondément bouleversée face à cette nouvelle tragédie en mer Méditerranée ; le nombre de morts pour ce seul épisode, qui s’élève déjà à 111, pourrait atteindre les 300. Ayant enquêté sur l'inventaire de défaillances qui avait entraîné le décès de 63 migrants l’année dernière sur ledit « bateau cercueil », je suis extrêmement préoccupée par des informations rapportant que plusieurs bâtiments ont peut-être ignoré les signaux de détresse provenant du bateau en difficulté. Je suis consciente des critiques que suscitent certaines dispositions de la législation italienne, qui dissuadent effectivement les capitaines de navire d’aller secourir les migrants en situation de détresse en mer. Or, aucune disposition légale ne devrait empêcher le sauvetage en mer de personnes dont les vies sont en danger. »

Mme Strik a déclaré qu’elle examinerait ces allégations dans le suivi de son rapport sur les « Vies perdues en Méditerranée ». « Dans l’intervalle, j’appelle les autorités italiennes à enquêter pour savoir si certains bâtiments n’ont effectivement pas porté secours aux personnes en détresse et à examiner, le cas échéant, si les dispositions pénales des lois nationales en vigueur ne seraient pas à l’origine des multiples informations selon lesquelles des bateaux ne seraient pas allés secourir des personnes en détresse en mer. »

Mme Strik a terminé en affirmant que ces tragédies ne pourraient cesser que grâce à une action européenne coordonnée, incluant la possibilité d’un passage en toute sécurité pour les demandeurs d’asile et les réfugiés. « Combien d’images de cadavres sur la plage et de rescapés de la mer faudra-t-il encore supporter avant que l’action de l’Europe ne soit à la hauteur de ses paroles ? », a-t-elle demandé.