Lutter contre la haine à l’égard des migrants : les parlementaires doivent montrer la voie

Strasbourg, le 30.10.2013 – Les parlementaires doivent faire preuve de courage en défendant des positions qui peuvent ne pas s’avérer populaires s’agissant, en particulier, de traiter les questions relatives aux migrants en période de crise économique, a déclaré la Présidente de la Commission des migrations de l’APCE.

S’adressant à des militants d'ONG samedi dernier, à l’occasion d’une conférence sur la lutte contre le discours de haine et les crimes de haine près de Prague, Anne-Mari Virolainen (Finlande, PPE/DC) a déclaré : « Les parlementaires ont le devoir de montrer la voie à suivre et non pas simplement de se rallier à l’opinion publique ».

Citant le cas de Leonarda, la jeune fille rom expulsée de France, elle a ajouté : « Les responsables politiques doivent, lorsqu’il le faut, manifester leur désaccord concernant, en l’espèce, la façon dont l’expulsion s’est déroulée […] et le fait que l’adolescente de 15 ans ait été renvoyée au Kosovo, pays où elle n’a jamais vécu ». Les responsables politiques devraient aussi s’abstenir de tenir des propos xénophobes, notamment pendant les campagnes électorales.

Mme Virolainen a appelé à réaliser un progrès décisif s’agissant de rendre les lois contre le racisme plus efficaces dans toute l’Europe, soulignant le « changement radical » de vues au Royaume-Uni suite à l’enquête bâclée portant sur le meurtre d’un adolescent noir, Stephen Lawrence. Un plus grand nombre de pays en Europe doivent s’attaquer au « racisme institutionnel » a t elle souligné.

Evoquant la tragédie qui s’est produite au large de Lampedusa il y a un mois, elle a déclaré qu’elle devait servir d’avertissement aux responsables politiques de toute l’Europe et leur faire comprendre que les politiques européennes visant à faire du continent une forteresse ne fonctionnent pas et sont inhumaines ».

Elle a prononcé son discours à l’occasion de la conférence intitulée « Wipe out hate – United in solidarity » (Eliminons la haine – soyons unis dans la solidarité), organisée par UNITED, l’un des plus grands réseaux européens de lutte contre le racisme, près de Prague (25 30 octobre 2013).

La conférence a rassemblé environ 80 participants de près de 30 nations, dont beaucoup de jeunes ou de membres de minorités, pour discuter du développement des mouvements d’extrême droite, xénophobes et racistes, des discours et des crimes de haine ainsi que de la perception par la population des immigrés et des réfugiés.