« Les institutions représentatives ont un rôle majeur à jouer dans le Printemps arabe »

« Les institutions représentatives ont un rôle majeur à jouer dans le Printemps arabe »

Strasbourg, 08.11.2013 – « Les institutions représentatives, telles que les parlements et les assemblées constituantes, ont un rôle majeur à jouer dans le processus de transformation lancé par le Printemps arabe », a déclaré João B. Mota Amaral (Portugal, PPE/DC), Vice-président de la Commission des questions politiques et de la démocratie de l’APCE et ancien Président du Parlement du Portugal, en résumant les interventions de la Conférence sur « Les changements politiques en méditerranée du sud et au Proche-Orient : le rôle des institutions représentatives », organisée le 8 novembre à Lisbonne par la Commission des questions politiques et de la démocratie de l’APCE.

« En 2011, des mouvements populaires de masse, en Tunisie et en Egypte, ont déclenché le processus de transformation politique désormais connu sous le nom de ‘Printemps arabe’. Les populations de plusieurs pays ont manifesté pour la liberté, la dignité et l’égalité. Elles ont protesté contre l’injustice sociale et les persécutions politiques et contre un régime corrompu et oppressif. Elles ont exprimé clairement leur volonté de jouir des libertés fondamentales et d’être associées aux décisions déterminantes pour leur avenir. En d’autres termes, elles ont montré qu’elles voulaient que leurs pays se transforment en démocraties.

Ce processus a pris des formes variées, a été plus ou moins anticipé par les autorités et a donné des résultats différents, mais il s’est étendu à la quasi-totalité des pays du sud de la Méditerranée et du Proche-Orient, ou du moins a eu une influence sur toute cette région. Le Printemps arabe a suscité de grands espoirs, dans la région et au-delà », a déclaré M. Amaral.

« L’APCE a salué cette évolution avec enthousiasme et proposé son aide, qui peut notamment prendre la forme d’un statut de partenaire pour la démocratie accordé aux parlements des démocraties émergentes de la région. Elle joue aussi le rôle de pont entre les pays en transition et l’organe expert du Conseil de l’Europe sur les réformes constitutionnelles et juridiques, la Commission de Venise.

Cependant, les changements ne se font pas en un jour et demandent beaucoup de travail. La volonté que le peuple a exprimée dans les rues et sur les places doit maintenant se traduire par des instruments juridiques, au moyen d’un processus démocratique et d’institutions légitimes. Les institutions représentatives, telles que les parlements et les assemblées constituantes, ont un rôle majeur à jouer dans ce processus de transformation. Piliers du pouvoir démocratique, elles forment le cadre optimal où transformer la volonté du peuple en décisions politiques. Les institutions représentatives doivent être les acteurs du changement, tout en garantissant le respect de l’intérêt général », a-t-il ajouté.

« Il est du devoir des personnalités politiques et des institutions de ne pas décevoir les attentes des populations. Dans le cas contraire, elles seront balayées par de nouvelles vagues de protestations, qui pourraient dégénérer et aboutir à des actes de terrorisme, à des violences et à des guerres. Nous ne pouvons pas courir le risque que de tels événements se produisent à nouveau. La guerre civile qui se déroule en Syrie depuis plus de 2 ans et demi, et toutes ses conséquences humanitaires dévastatrices à la fois dans le pays et dans les pays voisins, est l’illustration tragique de la façon dont les choses peuvent mal tourner si les politiciens déçoivent les attentes des populations.

On n’a jamais fini de bâtir une démocratie. C’est une œuvre qui reste toujours inachevée, que ce soit en Europe, au sud de la Méditerranée ou ailleurs. C’est un long chemin semé d’embûches. Nous avons de meilleures chances de les éviter si nous progressons ensemble et si nous pouvons nous inspirer de l’expérience de nos amis.

Notre conférence d’aujourd’hui, à Lisbonne, a été l’occasion d’échanges avec des présidents et des représentants des parlements d'Algérie, de Jordanie, du Liban et du Maroc, de l'Assemblée nationale constituante de Tunisie et du Conseil national palestinien, ainsi qu’avec des représentants des forces politiques d'Egypte.

C’est une étape sur le chemin de la démocratie. Continuons à faire ce chemin ensemble. L’Assemblée souhaite vivement poursuivre le dialogue avec nos collègues des régions voisines et elle est prête à continuer de partager notre expérience », a conclu M. Mota Amaral.

La Conférence, organisée par l’APCE avec le soutien de l’Union européenne, au Centre Ismaélien de Lisbonne, a été ouverte avec les allocutions de la Présidente du Parlement portugais, Assunção Esteves, du Président de l’APCE, Jean-Claude Mignon, et des Présidents des Chambres des Représentants et des Conseillers du Parlement du Maroc, Karim Ghellab et Mohamed Cheikh Biadillah.

Parmi la centaine de participants figuraient de présidents et représentants des parlements d’Algérie, de Jordanie, du Liban, du Maroc, de l’Assemblée nationale constituante de Tunisie, du Conseil National Palestinien et des représentants des forces politiques d’Égypte, ainsi que les membres de la Commission des questions politiques de l’APCE.