Déclaration sur la situation en Irak adoptée par le Bureau de l'APCE

Le Bureau de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) est vivement préoccupé par la crise humanitaire majeure qui se développe en Irak, où les rebelles de l’organisation terroriste connue sous le nom d’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont pris des parties substantielles du territoire dans le nord et l’ouest du pays et font maintenant route vers Bagdad.

La situation s’est rapidement détériorée ces derniers jours et l’EIIL contrôlerait désormais plusieurs points de contrôle sur la frontière entre l’Irak et la Syrie ainsi que le seul point de contrôle avec la Jordanie. Le but de l’EIIL serait d’instaurer un califat sur la Syrie et l’Irak, effaçant la frontière entre ces deux pays.

Le Bureau est particulièrement préoccupé par les signalements de violations massives des droits de l’homme par des membres de l’EIIL, qui font état d’exécutions sommaires de personnels de sécurité irakien, de chefs religieux et de civils, d’actes de violence contre des communautés ethniques et religieuses, et de destruction d’édifices religieux. Ces agissements sont en opposition totale avec les valeurs défendues par le Conseil de l’Europe et ne peuvent être tolérés.

Face à ce déferlement de violence, des centaines de milliers d’Irakiens fuient leur domicile pour trouver refuge dans d’autres régions du pays et à l’étranger. Environ 1 million de déplacés et 110.000 apatrides pourraient prétendre à l’aide du HCR en Irak, parmi lesquels des milliers d’enfants. Ils viennent s’ajouter aux 9 millions de personnes déjà déplacées par la guerre civile en Syrie.

La situation échappe à tout contrôle et le risque est grand de voir la violence s’étendre aux pays voisins, notamment à la Jordanie, dont le Parlement a demandé le statut de Partenaire pour la démocratie auprès de l’Assemblée parlementaire. C’est toute la région qui risque d’être encore plus déstabilisée.

L’Europe ne peut pas rester inactive tandis qu’éclate cette crise majeure. Certains pays méditerranéens, dont certains sont membres du Conseil de l’Europe, ont déjà la charge considérable de faire face à des arrivées massives de réfugiés. Des décisions doivent être prises d’urgence pendant qu’il est temps sur la question des frontières européennes et de l’assistance coordonnée aux demandeurs d’asile, afin que cette charge soit répartie.

Tous les acteurs, locaux, européens et internationaux, doivent unir leurs forces pour mettre un terme à la violence et protéger les populations civiles. La communauté internationale, sous les auspices des Nations Unies, doit mobiliser ses ressources pour apporter une aide humanitaire aux populations dans le besoin.