Assurer la protection du patrimoine culturel pendant les conflits et sa reconstruction

La Commission de la culture, réunie vendredi à Paris, s’est dite préoccupée par la destruction systématique du patrimoine culturel pendant les conflits, notamment ceux à caractère ethnique. Le rapport d’Ismeta Dervoz (Bosnie-Herzégovine, PPE/DC), adopté par la commission, souligne que la destruction de monuments constitue souvent une atteinte à l’identité culturelle d’une population et vise à empêcher les communautés de revenir sur les lieux après le conflit et de les reconnaître.

La commission a recommandé de développer des lignes directrices sur la protection et la reconstruction du patrimoine culturel endommagé ou détruit, afin de préserver l’identité culturelle et la diversité en situations de crise et de post-crise.

Elle estime notamment qu’en période de guerre et juste après, le patrimoine culturel devrait être intégré dans des opérations humanitaires urgentes si l’on veut éviter des pertes irréversibles de monuments historiques. Dans un deuxième temps, la commission préconise de consolider les structures de gouvernance et de définir un cadre pour la restauration et la reconstruction s’appuyant sur des systèmes de contrôle de l’urbanisme.

Ce processus de reconstruction devrait être dépolitisé, sans pressions des autorités politiques ou religieuses – afin de garantir toute impartialité – et devrait tenir compte à la préservation de l’identité culturelle locale et de la diversité du patrimoine culturel.

Par ailleurs, la reconstruction du patrimoine culturel après une crise est fondamentale dans la résolution des conflits et la réconciliation, ont déclaré les parlementaires. Celle-ci devrait s’intégrer dans des programmes visant à assurer le retour durable des réfugiés et des personnes déplacées.

Enfin, la commission a proposé aux Etats membres de réviser la Convention de la Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, afin d’appliquer des mécanismes de protection renforcés et des sanctions plus lourdes. Elle a également recommandé de qualifier la destruction ciblée de biens culturels de « crimes contre l’humanité ».