Attentats de Paris : l’Europe doit continuer d’utiliser l’humour et la satire

Face aux attaques terroristes de Paris en janvier 2015, qui ont ciblé des journalistes et caricaturistes de Charlie Hebdo, des policiers et des personnes juives, l’Europe ne doit pas céder à la peur et « continuer d’utiliser l’humour et la satire », a déclaré l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), à l’issue d’un débat d’urgence, qui s’est tenu en session plénière à Strasbourg.

Ces attaques, qui se fondaient sur la haine « visaient les valeurs mêmes de démocratie et de liberté en général », ont souligné les parlementaires, rappelant que, selon la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, l’utilisation de la satire, même irrévérencieuse, et d’idées offensantes, y compris les critiques de la religion, sont protégées dans le cadre de la liberté d’expression, qui trouve ses limites dans le discours de haine et l’incitation à la violence.

A ce propos, l’Assemblée a condamné les déclarations faites par certaines autorités à l’encontre de la liberté des médias, dans les jours qui ont suivi les attaques contre Charlie Hebdo.

La résolution adoptée par l’APCE, sur la base du rapport de Jacques Legendre (France, PPE/DC), souligne la nécessité « d’apporter d’urgence une réponse commune, internationale mais aussi spécifiquement européenne » à la menace djihadiste. S’agissant des réponses sécuritaires, l’Assemblée a mis en garde contre la surveillance massive, « qui s’est révélée inefficace pour la prévention du terrorisme et dangereuse pour le respect des droits de l’homme ». Elle préconise en revanche un renforcement de la coopération entre les services de renseignement des différents pays européens, ainsi qu’avec les pays du Proche-Orient.

Toutefois, les réponses sécuritaires devraient s’accompagner de mesures préventives dans les prisons, sur les réseaux sociaux, à l’école, dans les quartiers défavorisés, afin d’éradiquer les causes mêmes de la radicalisation, précise le texte adopté. La laïcité, c’est à dire le principe de la séparation de l’Etat et des religions, doit également être protégé.