La liberté d’expression s’arrête là où commence la violence

Dans le discours qu’il a prononcé aujourd’hui devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, le Secrétaire Général, M. Thorbjørn Jagland, a traité de la crise en Ukraine, de la liberté d’expression et de la lutte contre le terrorisme.

Il a préconisé d’adopter une approche mesurée concernant la liberté d’expression, affirmant que la seule façon de défendre la liberté d’expression était d’être ouvert à l’instauration de certaines limites. Le racisme et l’incitation à la violence sont illicites. M. Jagland a rappelé l’usage que les Nazis ont fait de la propagande et des dessins humoristiques pour « déshumaniser » les Juifs à la fin des années 1930. Les Etats membres pourraient s’inspirer de l’abondante jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme pour fixer les limites de la liberté d’expression.

M. Jagland a aussi abordé la crise en Ukraine, déclarant que les cessez-le-feu ne sont durables que lorsqu’il y a une perspective de solution politique. Il a réaffirmé le rôle du Conseil de l'Europe dans le soutien aux réformes démocratiques et constitutionnelles en Ukraine. A propos de la Russie, il a souligné la nécessité d’aider au développement de la société civile. « Taxer les ONG d’" agents étrangers " n’est plus de mise au XXIe siècle» a-t-il déclaré. Du moment que les ONG jouent la transparence au sujet de leurs sources de financement, elles doivent être considérées comme des « agents libres » de la démocratie.

Le Secrétaire Général a appelé à apporter une réponse internationale déterminée à la menace du terrorisme. En Europe, notre sécurité à tous n’est jamais que celle de l’Etat le moins sûr. Il ne doit y avoir aucune faille, aucune lacune juridique que les terroristes pourraient exploiter. M. Jagland a confirmé que le Conseil de l'Europe élabore actuellement un protocole additionnel à sa Convention pour la prévention du terrorisme en vue d’ériger en infraction pénale le recrutement, la formation, la préparation et les voyages visant à commettre des attentats terroristes.

M. Jagland a annoncé la publication de son deuxième rapport annuel sur la situation des droits de l’homme, de la démocratie et de l’Etat de droit en Europe qui sera centré sur le thème « La sécurité démocratique : une responsabilité partagée ».

« Le rapport examinera comment les nations européennes peuvent garantir au mieux la sécurité de leurs citoyens par leur engagement en faveur des normes démocratiques », a-t-il indiqué.