Lancement officiel de l’Alliance parlementaire contre la haine

Le 29 janvier 2015, au cours de la partie de session d’hiver de l’Assemblée parlementaire, l’Alliance parlementaire contre la haine a été officiellement lancée en présence d’Anne Brasseur, Présidente de l’APCE, et de Gabriella Battaini-Dragoni, Secrétaire Générale adjointe du Conseil de l'Europe.

La plupart des 47 Etats membres du Conseil de l'Europe sont déjà représentés au sein de l’Alliance par des membres de leurs parlements respectifs. D’autres suivront en signant la Charte des engagements, fondée sur la prise de conscience que « le discours de haine et les manifestations de racisme et d’intolérance pour quelque motif que ce soit sont un fléau affectant tous les pays européens et tous les niveaux de la société ».

Les membres de l’Alliance s’engagent à prendre position ouvertement contre le racisme, la haine et l’intolérance et à promouvoir la non discrimination et le respect de la diversité. Ils s’attacheront à sensibiliser les responsables politiques et la société civile en faisant campagne contre le racisme à travers tous les moyens de communication disponibles : à cet égard, les médias sociaux joueront un rôle important.

Mme Brasseur et Mme Battaini-Dragoni ont exprimé leur soutien sans réserve à cette initiative. Mme Brasseur a souligné qu’il était urgent de mener une action concrète contre le discours de haine et a réaffirmé que la lutte contre l’intolérance et la promotion du respect de la diversité faisaient partie de ses priorités car la « diversité est notre richesse et l’avenir de nos sociétés ».

A titre de première activité, l’Alliance a tenu un échange de vues sur l’antisémitisme en Europe, avec la participation de Maurice Sosnowski, Président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique, de Snezana Samardzic-Markovic, Directrice générale, Direction générale de la démocratie du Conseil de l'Europe, et de Jane Braden-Golay, Présidente de l’Union européenne des étudiants juifs.

La situation décrite par les orateurs invités est alarmante : l’antisémitisme est de plus en plus répandu sous diverses formes, se manifestant à la fois dans le discours politique et par un nombre croissant d’agressions violentes. M. Sosnoswki a exhorté les dirigeants à appeler les choses par leur nom et à ne pas sous estimer l’antisémitisme sous quelque forme et dans quelque contexte qu’il se présente.

Par ailleurs, diverses organisations s’efforcent de lutter contre l’antisémitisme ; le Conseil de l'Europe est, en outre, très actif dans ce domaine. Comme la Directrice générale, Samardzic-Markovic, l’a expliqué, ce sera un long processus et nous devons l’engager dès maintenant.

Une note d’espoir transparaît, néanmoins, dans les propos de Braden Golay qui s’est dite convaincue que les membres de l’Alliance étaient en mesure, en tant que parlementaires, d’orienter le débat politique dans leurs pays respectifs. Elle a appelé les membres de l’Alliance à se consacrer à la création d’une Europe où la communauté juive et l’ensemble des autres communautés puissent vivre en toute sécurité et en étant pleinement acceptées. Comme un survivant de Buchenwald, le Rabbin Lau, l’a déclaré il y a quelques jours, nous ne pouvons pas changer le passé, mais nous pouvons changer le présent.