La Présidente appelle à aider davantage l’Italie face aux vagues de migrants

A l’issue d’une visite de quatre jours à Rome et en Sicile, Anne Brasseur, Présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), a salué l’engagement de l’Italie, qui joue pleinement son rôle d’Etat européen et de partenaire.

« L’Italie est un exemple à suivre en matière de promotion des droits de l'homme et des normes démocratiques du Conseil de l'Europe », a déclaré Mme Brasseur. Elle a souligné en particulier la contribution que le pays apporte aux réformes constitutionnelles dans les Etats membres du Conseil de l'Europe, par l’intermédiaire de la Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission de Venise), les efforts qu’il déploie pour lutter contre la violence à l’égard des femmes, et le rôle de catalyseur qu’il joue dans la relance de la Charte sociale européenne comme moyen de protection des droits sociaux en Europe.

Lors de sa visite en Sicile, Mme Brasseur s’est surtout intéressée aux questions migratoires. « L’Italie doit faire face à des difficultés particulières car elle est en première ligne pour accueillir les flux mixtes de migrants irréguliers, de réfugiés et de demandeurs d’asile », a-t-elle rappelé. « Des problèmes persistent, notamment des retards en matière d’enregistrement et de prise en charge des personnes qui arrivent par bateau sur les côtes italiennes, mais il est clair que l’Italie ne devrait pas avoir à gérer seule ces vagues successives de nouveaux arrivants. Il faut que les autres pays européens prennent aussi leur part de responsabilités ».

A cet égard, la Présidente a souligné la nécessité de changer le système de Dublin, qui « est non seulement archaïque et incapable de relever les défis d’aujourd'hui, mais aussi injuste, à la fois pour les premiers pays auxquels les demandes d’asile sont adressées et pour les demandeurs d'asile ».

En Sicile, Mme Brasseur s’est rendue dans des centres d’accueil pour mineurs non accompagnés et dans un centre pour demandeurs d'asile à Mineo. « A l’évidence, les demandeurs d’asile hébergés à Mineo étaient pris en charge correctement, mais ils doivent encore attendre trop longtemps dans le centre qu’une décision soit prise sur leur demande d’asile. J’ai constaté avec satisfaction que tous les acteurs, gouvernementaux et non gouvernementaux, déployaient des efforts louables pour venir en aide à ces personnes », a-t-elle déclaré.

« Il m’a aussi semblé encourageant que les autorités avaient l’intention de poursuivre leur politique consistant à réduire de manière générale la taille des différents centres et à les répartir dans toute l’Italie ».

Lors de sa visite à Rome, Mme Brasseur a soulevé deux autres questions importantes qu’il faudrait traiter d’urgence. « Les récents cas de corruption confirment que la lutte contre la corruption doit rester une priorité pour toutes les forces politiques », a-t-elle expliqué. « La corruption sape les fondements de nos sociétés et entame la confiance des citoyens. Face à ce phénomène, il ne faut jamais baisser la garde ».

La seconde question qu’elle a abordée concerne la durée excessive des procédures judiciaires. « Malgré des progrès récents, elle reste un problème majeur pour l’Italie, y compris au regard de la Convention européenne des droits de l'homme », a déclaré Mme Brasseur. Elle a aussi soulevé, lors de plusieurs rencontres, la question de l’exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme et encouragé la création d’un organe parlementaire chargé de traiter cet aspect.

La Présidente a remercié le Parlement italien et sa délégation à l’Assemblée parlementaire, ainsi que le gouvernement et les autorités de Sicile, pour l’esprit d’ouverture et l’hospitalité dont ils ont fait preuve en organisant sa visite. Mme Brasseur a ainsi pu avoir des entretiens à haut niveau avec des membres du Gouvernement et du Parlement, et rencontrer des représentants d’autorités locales et d’ONG. Elle a aussi participé à une audition commune des commissions des affaires étrangères de la Chambre des députés et du Sénat et donné une conférence à la faculté de droit de l’université de Catane.