En Roumanie, la politique fait barrage à la justice, selon le rapporteur de l’APCE

« Il est profondément inquiétant de constater que la majorité du Parlement roumain s’interpose dans la séparation des pouvoirs et empêche les autorités judiciaires roumaines d’examiner des accusations de corruption à haut niveau », a déclaré Bernd Fabritius (Allemagne, PPE/DC), rapporteur de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) sur l’Etat de droit dans les pays d’Europe du Sud-Est.

M. Fabritius réagissait à la réponse négative donnée par le Parlement roumain à la demande du Parquet roumain anticorruption, visant à engager des poursuites pénales contre le Premier ministre, Victor Ponta, pour des allégations de faux en écriture, blanchiment d’argent, fraude fiscale et trafic d’influence.

« La décision du Parlement porte clairement atteinte aux valeurs fondamentales de la démocratie ; elle est contraire aux principes de l’Etat de droit. La politique fait barrage à la justice », a-t-il ajouté.

Des critiques sur des insuffisances en matière d’Etat de droit en Roumanie ont été exprimées en mai, lors d’une audition d’experts organisée par la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’APCE. « J’examinerai ces développements en Roumanie, dans le cadre du rapport que je prépare pour l’Assemblée parlementaire sur « Renforcer l’Etat de droit dans les pays d’Europe du Sud-Est grâce à des réformes ciblées du système judiciaire », a conclu M.Fabritius.