Journée mondiale contre la traite : la protection des victimes doit être la priorité absolue

« Il est temps de mettre en lumière l’existence de niches cachées où la traite d’êtres humains prospère et de lutter avec détermination contre toutes les formes d'exploitation » a déclaré Gülsün Bilgehan (Turquie, SOC), Présidente de la Commission sur l’égalité et la non-discrimination de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), à l’occasion de la Journée mondiale contre la traite d’êtres humains (30 juillet 2015) : « Je pense en particulier aux victimes invisibles, qui ne demandent pas à être aidées car elles n’ont pas, elles-mêmes, conscience d’être des victimes ».

« Souvent ces personnes ne connaissent pas leurs droits, parce qu’elles ont reçu de fausses informations soit dans leur pays d’origine, soit dans celui de destination. Souvent elles hésitent à se manifester auprès des autorités, par crainte d’être obligées de quitter nos pays. Parfois elles croient qu’elles n’ont pas besoin d’aide, car un semblant de logement et de rémunération est déjà plus que ce qu’elles avaient dans leur pays d’origine ».

« La protection des victimes doit être la priorité absolue dans la lutte contre la traite, qui exige une coopération policière et judiciaire étroite au niveau international et le soutien des législateurs, experts, magistrats, forces de police et organisations intergouvernementales. La Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains, par son approche fondée sur les droits de l’homme et la protection des victimes, apporte une valeur supplémentaire aux autres instruments internationaux en la matière et devrait être signée, ratifiée et mise en œuvre par tous les pays qui ne l’ont pas encore fait », a conclu Mme Bilgehan.