Liberté de religion 'sans entraves et sans discrimination'

Les communautés religieuses doivent pouvoir exercer le droit à la liberté de religion « sans entraves et sans discriminations » et pratiquer leur foi publiquement et librement selon leurs propres rites, a déclaré l’APCE, qui s’inquiète des tensions suscitées en Europe par le développement de nombreuses croyances et d’Eglises.

L’Assemblée a noté que certaines pratiques religieuses prêtaient à controverse au sein des communautés nationales et a souligné que les cas du voile intégral, de la circoncision des jeunes garçons, et de l’abattage rituel constituaient des points de fracture.

Concernant la circoncision des jeunes garçons, l’Assemblée a insisté sur le fait que « l’intérêt de l’enfant doit être considéré comme étant la priorité première » et a recommandé que celle-ci soit pratiquée par « une personne ayant la formation et le savoir-faire requis, dans des conditions médicales et sanitaires adéquates ». La résolution adoptée aujourd’hui, sur la base du rapport de Rafael Huseynov (Azerbaïdjan, ADLE) précise que les parents doivent être informés de tout risque médical potentiel ou de possibles contre-indications, et en tenir compte.

Les parlementaires estiment aussi qu’une législation interdisant l’abattage rituel n’est pas réellement nécessaire, ni qu’elle soit la plus efficace pour assurer la protection des animaux. La résolution cite l’exemple de la France et de l’Allemagne, où des législations qui imposent des exigences strictes réconcilient le souci d’éviter aux animaux des souffrances injustifiées et le respect du droit à la liberté de religion.

Par ailleurs, l’Assemblée a invité les Etats à rechercher des « aménagements raisonnables », pour des pratiques religieuses controversées, notamment sur les lieux de travail, l’objectif étant de garantir une égalité effective du droit à la liberté de religion.

Les parlementaires ont également souligné que « l’éducation était la clé pour combattre l’ignorance », briser les stéréotypes, bâtir le respect mutuel, et promouvoir l’adhésion aux valeurs du « vivre ensemble ». Ils préconisent une « laïcité de reconnaissance » et la valorisation des organisations religieuses en tant que partenaires pour le développement de sociétés inclusives, dans le respect du principe d’indépendance du politique par rapport aux religions.

Enfin, l’APCE a recommandé au Comité des Ministres de « créer une plate-forme de dialogue entre le Conseil de l’Europe et de hauts représentants de religions et d’organisations non confessionnelles », pour promouvoir les valeurs qui fondent le « vivre ensemble ».