Traitement médiatique et politique de la crise des migrants et des réfugiés

Quand il s’est rendu compte qu’il serait « tué soit par les forces du régime du Président Assad, soit par l’Etat islamique », Yousef Kak, un jeune médecin syrien, a décidé de quitter son pays et de chercher refuge en Europe. Il a rejoint des amis qui pouvaient l’aider en Allemagne mais a été renvoyé en France, son pays d’arrivée en Europe, conformément au Règlement de Dublin. Il a passé des nuits à marcher dans les rues de Strasbourg, sans abri ni nourriture, ce qui était d’après lui préférable à un retour en Syrie.

Aujourd’hui il se sent en sécurité et se reconstruit avec détermination, avec son statut de réfugié accordé par la France. Il apprend le français, afin de pouvoir un jour exercer la médecine, comme il le faisait dans son pays. Yousef a partagé son histoire avec les membres de l’Alliance parlementaire contre la haine lors de leur réunion du 29 septembre 2015.

Est-ce que les réfugiés sont les bienvenus en Europe ? Tim Finch, ancien directeur de la communication des organisations Refugee Council et IPPR-Institute for Public Policy Research, basées à Londres, a expliqué aux membres de l’Alliance qu’en Europe les réactions des autorités, des médias et de la population ont été incohérentes. Des messages contradictoires ont été envoyés, semant la confusion. Un grand nombre de personnes ne sont par principe ni pour ni contre les migrants, mais s’inquiètent de la crise actuelle. Les autorités, estime M. Finch, devraient trouver le juste équilibre entre l’accueil et le contrôle, non seulement des réfugiés mais également des autres migrants, et concilier principes et pragmatisme.

Lors de la même réunion, l’Alliance parlementaire contre la haine a approuvé une feuille de route et décidé de continuer ses activités au moins jusqu’à la fin de 2017.