Une rapporteure préoccupée par des rapports sur la recrudescence de la violence en Ukraine

La rapporteure de l’APCE sur les conséquences politiques de la crise en Ukraine, Kristýna Zelienková (République tchèque, ADLE), a fait part aujourd’hui de son inquiétude face au regain de violence signalé en Ukraine. « Alors que le cessez-le-feu semblait bien respecté depuis le 1er septembre 2015, deux soldats au moins ont été tués et deux autres blessés depuis le 14 octobre. De plus, de nombreux tirs d’artillerie sporadiques auraient été récemment entendus », a-t-elle indiqué, exhortant les deux camps à veiller au respect du cessez-le-feu et à continuer de retirer de la ligne de front les chars et les armes de petit calibre.

S’exprimant devant la Commission des questions politiques réunie à Paris, elle a dit se joindre à l’appel lancé par le Commissaire aux droits de l’homme, qui a demandé que tout soit fait pour éviter d’autres morts et a exhorté à fournir une aide d’urgence pour répondre aux besoins essentiels des populations touchées. Mme Zelienková s’est félicitée, dans ce contexte, de ce que les séparatistes présents dans la région de Louhansk en Ukraine aient décidé, le 28 octobre, de lever l’interdiction des livraisons d’aide humanitaire à laquelle se heurtent les agences de l’ONU. Elle a formé le vœu de voir cette interdiction levée prochainement dans la région de Donetsk également.

Evoquant sa participation à la mission que le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe a effectuée en Ukraine pour y observer les élections locales le 25 octobre 2015, Mme Zelienková a salué la décision de ne pas organiser de scrutin dans les zones occupées de Donetsk et de Louhansk: un tel scrutin aurait en effet constitué une violation des accords de Minsk et aurait pu gravement compromettre le fragile processus de paix.


Dans le droit fil du rapport d’enquête sur les violents incidents survenus à Odessa en mai 2014 qu’a remis aujourd’hui le Comité consultatif international sur l’Ukraine du Conseil de l’Europe, et dans la logique du précédent rapport sur les événements de Maïdan, elle a conjuré les autorités de remédier à toutes les insuffisances opérationnelles et structurelles qui sont apparues au fil des investigations.


A propos de sa participation à la réunion conjointe de la délégation à la Commission de coopération parlementaire UE-Russie et de la délégation à l’Accord de partenariat et de coopération UE-Ukraine qui s’est tenue à Bruxelles le 15 octobre, elle a indiqué que les parlementaires s’étaient principalement penchés sur le rôle de la Commission de Venise du Conseil de l’Europe dans la réforme constitutionnelle ainsi que sur la place des oligarques dans la politique ukrainienne.


La Commission des questions politiques tiendra une audition sur les conséquences géopolitiques de la crise en Ukraine à Bruxelles, le 7 décembre prochain.