Le Président de l’APCE estime que l’Azerbaïdjan est 'à un tournant'

« Je crois que l’Azerbaïdjan est à une période charnière qui lui permettra d’améliorer ses relations avec l’Europe et le Conseil de l’Europe », a déclaré Pedro Agramunt, Président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), à l’issue de sa visite officielle de deux jours dans le pays (29 février-1er mars).

« Dans le cadre de mes discussions à haut niveau, j’ai senti la possibilité d’un changement, alors que l’Azerbaïdjan est confrontée à plusieurs défis », a indiqué M. Agramunt, qui s’est notamment entretenu avec le Président de la République, le Président du Parlement, et le ministre des Affaires étrangères. « Ces défis n’ont pas uniquement trait à des questions énergétiques et aux droits de l’homme, ils sont également liés à la crise financière et à la nécessité d’attirer les investisseurs étrangers en garantissant l’état de droit et la transparence, et ce, dans le contexte géopolitique sensible que connaît l’Azerbaïdjan ».

« J’ai apprécié les discussions franches et ouvertes avec mes interlocuteurs de haut niveau concernant diverses questions liées aux droits de l’homme et à l’état de droit que j’ai pu soulever après avoir obtenu des éléments d’information de plusieurs ONG, journalistes, juristes ainsi que d’ambassadeurs basés à Bakou. J’ai été en mesure d’aborder ouvertement avec les plus hautes autorités du pays certains des problèmes rencontrés par la société civile s’agissant de la récente législation qui touche les ONG. J’ai également pu évoquer quelques-uns des problèmes liés aux dernières élections législatives, dont la nécessité de procéder à un nouveau tour de scrutin dans la circonscription n°90, et j’ai été en mesure de demander instamment l’instauration d’une plus grande coopération avec la Commission de Venise du Conseil de l’Europe et d’un usage accru de ses conseils juridiques.

« Bien évidemment, l’une des questions abordées en priorité lors de toutes mes réunions avait trait à la mise en œuvre des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme, et en particulier ceux concernant des personnes détenues, dont Ilgar Mammadov que j’ai rencontré sur son lieu de détention lors de ma visite. Le caractère hautement sensible du sujet est clairement ressorti de mes discussions avec toutes les parties prenantes, mais j’ai également senti que des solutions pouvaient, et devaient, être trouvées non seulement à l’égard d’affaires individuelles mais aussi en lien avec les procédures juridiques. J’ai à ce titre reçu l’assurance que les autorités azerbaïdjanaises coopéreraient avec le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe dans le cadre de son rapport au titre de l’article 52 sur l'application effective de la Convention européenne des droits de l’homme, et fixeraient des dates afin de recevoir les représentants mandatés par le Secrétaire Général. Il s’agit là d’un bon point de départ qui, je l’espère, permettra rapidement d’avancer sur ce dossier ».

En conclusion, M. Agramunt a également souligné que l’Azerbaïdjan continue de subir les conséquences de l’impasse concernant le conflit du Haut-Karabakh. « Il est essentiel de trouver des solutions à l’occupation du Haut-Karabakh et d’autres régions d’Azerbaïdjan. Ce conflit déstabilise l’Arménie et l’Azerbaïdjan, affectant leurs économies et sociétés, mais a aussi des effets préjudiciables sur la capacité de ces pays à progresser dans les domaines que sont la démocratie, les droits de l’homme et l’état de droit ».