Les rapporteures préoccupées par la suspension du Mejlis des Tatars de Crimée

Deux rapporteures de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) ont fait part de leur préoccupation à la suite de la suspension du Mejlis des Tatars de Crimée, l’organe exécutif du peuple tatar, par le procureur installé en Crimée par la Fédération de Russie.

Marieluise Beck (Allemagne, ADLE), rapporteure sur les « recours juridiques contre les violations des droits de l’homme commises dans les territoires ukrainiens se trouvant hors du contrôle des autorités ukrainiennes », et Kristyna Zelienkova (République tchèque, ADLE), rapporteure sur les « conséquences politiques de la crise en Ukraine », ont déclaré avoir rencontré l’actuel Président du Mejlis, Refat Chubarov, et son prédécesseur, Mustafa Dzhemilev, la semaine dernière à Kiev.

« M. Dzhemilev a passé 15 ans en tant que prisonnier politique dans les camps soviétiques. Les deux dirigeants sont effectivement opposés à l’annexion, en violation du droit international, de la Crimée par la Fédération de Russie. Le travail qu’ils accomplissent n’en est pas pour autant une ‘activité extrémiste’, ainsi qu’il est indiqué dans la décision du procureur russe pour justifier la suspension du Mejlis », ont déclaré les deux rapporteures.

« Le Mejlis ne met pas en péril, mais défend les droits des Tatars de Crimée, dont l’existence même en tant que groupe ethnique possédant une culture spécifique est menacée par les politiques mises en œuvre par les autorités russes à la suite de l’annexion de la Crimée », ont-elles ajouté.

Les rapporteures ont déclaré que ces deux dirigeants jouissent d’un grand respect au sein de la communauté des Tatars de Crimée et sont membres du Parlement ukrainien. M. Chubarov, successeur de M. Dzhemilev, a été élu en 2013 Président du Mejlis, l’organe exécutif des Tatars lui-même élu par le Kurultay, l’organe représentatif le plus élevé des Tatars de Crimée.