L'Ukraine doit rester au premier rang de nos préoccupations

Les participants à une audition conjointe de l’APCE sur « Le conflit dans l’Est de l’Ukraine : les préoccupations politiques et en matière de droits de l'homme » sont convenus qu’il était important de maintenir la situation en Ukraine en bonne place parmi les priorités. Ils ont souligné que le peuple ukrainien méritait le soutien constant de l’Europe.

« Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur la situation dans l’Est de l'Ukraine et laisser le pays se débrouiller seul avec ses deux millions de PDI » a averti Marieluise Beck (Allemagne, ADLE), rapporteure sur le thème « Recours juridiques contre les violations des droits de l'homme commises dans les territoires ukrainiens se trouvant hors du contrôle des autorités ukrainiennes ».

 

Nils Muiznieks, le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, a exhorté les participants à faire en sorte que l’on n’oublie pas l’Ukraine. « Le reste de l’Europe ne peut pas ignorer la tragédie et les souffrances des Ukrainiens. Nous devons tous contribuer à instaurer la paix et la justice ».

Kristýna Zelienková (République tchèque, ADLE), rapporteure sur « Les conséquences politiques de la crise en Ukraine », a rappelé que, dans le contexte de la dégradation de la situation sécuritaire au cours de sa visite d’information conjointe avec Mme Beck à Kiev, Dnipropetrovsk et Marioupol du 4 au 8 avril 2016, il leur a été impossible de traverser la ligne de démarcation et de se rendre dans les zones contrôlées par les rebelles.

« Dans ces circonstances, nous nous posons la question ci-après : comment peut-on envisager, dans un avenir proche, l’organisation d’élections locales libres et équitables dans le Donbass ? Quelles répercussions cela a-t-il sur les Accords de Minsk ? Pour nos partenaires ukrainiens, la réponse est la suivante : un certain nombre de conditions doivent être réunies avant que l’on puisse organiser des élections locales en toute sécurité et conformément aux normes internationales. Le plein respect du cessez-le-feu, le retrait et le stockage des armes et une présence internationales aux frontières constituent les conditions minimales qui ne sont pas remplies actuellement ». Mme Zelienková a également insisté sur la nécessité d’obtenir la libération de Nadia Savtchenko grâce à un échange de prisonniers conformément aux Accords de Minsk.

« Le Conseiller spécial du Secrétaire Général du Conseil de l'Europe, Christos Giakoumopoulos, a souligné que le conflit dans l'Est de l'Ukraine avait aussi de graves conséquences sur le rythme des réformes dans les zones contrôlées par le gouvernement. Les réformes constitutionnelles doivent être accomplies sur la base d’un dénominateur commun minimum entre les factions politiques ».

Le nouveau gouvernement a le devoir de répondre aux attentes légitimes du peuple ukrainien en mettant en œuvre les réformes urgentes et en combattant la corruption, ont conclu les participants de l'audition jointe de la Commission des questions politiques et de la démocratie et de la Commission des questions juridiques et des droits de l'homme.