La crise des réfugiés dans l’est de la Méditerranée doit être reconnue pleinement comme un problème européen et global

Estimant que « la Grèce se retrouve aujourd’hui coincée entre deux réalités brutales liées à la réponse d’une Europe paniquée à la crise des réfugiés et des migrants : d’une part, la fermeture par « l’ex-République yougoslave de Macédoine » de sa frontière avec le pays et d’autre part l’application imposée de l’accord conclu entre l’Union européenne et la Turquie dans les îles de la mer Egée », l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a constaté aujourd’hui que « les premières victimes de la situation en Grèce sont les réfugiés et les migrants » ; en effet, quelque 46 000 réfugiés et migrants sont aujourd’hui bloqués en Grèce continentale et 8 500 dans les îles de la mer Egée.

Dans le même temps, l’APCE est d’avis que « du simple fait de sa position sur la carte, la Grèce doit supporter une charge totalement disproportionnée alors qu’à tous les autres égards, c’est peut-être le pays le moins bien placé de tous les Etats membres de l’Union européenne pour assumer cette responsabilité. »

Selon les parlementaires, l’Union européenne porte une grande part de responsabilité dans cette situation, puisqu’elle a soutenu tacitement la fermeture des frontières le long de la route des Balkans occidentaux et conclu l’accord avec la Turquie du 16 mars. « L’UE n’a pas su apporter un soutien adéquat à la Grèce ni assurer un partage équitable des responsabilités entre ses Etats membres », ont-ils déclaré.

« Cette crise doit être reconnue pleinement comme un problème européen et global et non uniquement grec. La seule réponse appropriée repose sur le respect des droits humains des réfugiés et des migrants et sur une véritable solidarité et un partage concret des responsabilités », ont souligné les parlementaires.

L’APCE s’inquiète en premier lieu des conditions de rétention dans les « hotspots », où des personnes vulnérables – notamment des femmes et des enfants – sont exposées à des risques de violence, d’exploitation et d’abus ; des conditions de vie dans les centres d’accueil sur le continent, bien inférieures aux normes acceptables ; de l’insuffisante protection des droits des enfants non accompagnés ; et du risque de renvoi en Turquie des demandeurs d’asile en vertu de l’accord UE-Turquie, bien que ces retours semblent incompatibles avec le droit de l’UE et le droit international.

Dans une résolution adoptée sur la base du rapport de Tineke Strik (Pays-Bas, SOC), l’Assemblée a appelé les autorités grecques, notamment, à veiller à ce que les conditions de rétention dans les « hotspots » et sur le continent répondent à toutes les exigences du droit international en matière de droits de l’homme, à veiller à ce que la capacité d’accueil soit suffisante pour tous les demandeurs d’asile, à garantir les droits et les intérêts des enfants non accompagnés ou séparés, et à rendre le régime d’asile pleinement opérationnel dans les meilleurs délais, après avoir dûment et rapidement achevé l’actuelle procédure de préenregistrement.

D’autre part, l’APCE a appelé l’UE et ses Etats membres, entre autres, à mettre en œuvre sans tarder les accords de 2015 sur la relocalisation depuis la Grèce, à coopérer sans difficulté avec les autorités grecques pour le regroupement familial, à détacher du personnel national à l’appui des services d’asile grecs, et à veiller à ce qu’une assistance financière soit mise à la disposition des acteurs de terrain en évitant toute complication bureaucratique.

S’adressant à l’Assemblée, Ioannis Mouzalas, ministre grec délégué à la Politique migratoire, a souligné que « notre préoccupation constante a été de respecter le droit humanitaire et d’améliorer les structures d’accueil, en dépit de nos difficultés financières ». Evoquant la nécessité d’une réponse commune fondée sur une véritable solidarité et le respect des droits de l’homme, il a déclaré que « la façon la plus juste de partager les responsabilités n’est pas de donner de l’argent mais de répartir équitablement les réfugiés et de leur assurer des conditions de vie décentes ».

Meritxell Mateu (Andorre, ADLE), auteur d’un rapport sur la visite récente d’une délégation de l’APCE en Grèce (30-31 mai 2016) a déclaré quant à elle : « Notre visite sur le terrain nous a permis d’être témoins d’une réalité cruelle. Trouver une solution à cet état de crise est une responsabilité européenne collective. Certains de nos gouvernements construisent des barrières et se retranchent dans des décisions protectionnistes ; notre devoir est de sensibiliser nos Etats pour rétablir les ponts de solidarité et de confiance. L’Europe doit redevenir une terre d’accueil où chacun puisse se reconstruire ».

Meritxell Mateu (Andorre, ADLE), auteur d’un rapport sur la visite récente d’une délégation de l’APCE en Grèce (30-31 mai 2016) a déclaré quant à elle : « Notre visite sur le terrain nous a permis d’être témoins d’une réalité cruelle. Trouver une solution à cet état de crise est une responsabilité européenne collective. Certains de nos gouvernements construisent des barrières et se retranchent dans des décisions protectionnistes ; notre devoir est de sensibiliser nos Etats pour rétablir les ponts de solidarité et de confiance. L’Europe doit redevenir une terre d’accueil où chacun puisse se reconstruire ».

« Nous devons garder à l’esprit qu’environ 52 000 migrants sont encore bloqués en Grèce et que ce pays a besoin de beaucoup plus d’aide et de solidarité de la part des autres Etats européens », a déclaré Thorbjørn Jagland, Secrétaire Général du Conseil de l’Europe. « L’accord UE-Turquie garantit à chaque personne la possibilité de demander l’asile et de voir sa demande traitée conformément aux procédures en vigueur. Nous devons agir pour mettre fin à l’inacceptable trafic illicite de migrants, pour prévenir de nouvelles pertes humaines en mer et pour réduire la pression qui s’exerce sur la Grèce », a-t-il souligné.