La prévention doit être au cœur de la lutte contre les mutilations génitales féminines

La prévention doit être « au cœur de tout dispositif visant à éliminer les mutilations génitales féminines » et inclure tous les acteurs concernés qu’il s’agisse des communautés qui les pratiquent, des organisations de terrain, des services sociaux et éducatifs, de la police, de la justice ou encore des professionnels de la santé, selon la Commission sur l’égalité et la non-discrimination de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE).

En adoptant à l'unanimité un projet de résolution basé sur le rapport de Béatrice Fresko-Rolfo (Monaco, PPE/DC), les parlementaires ont souligné que les campagnes de sensibilisation, d’information et d’éducation doivent inclure aussi bien les femmes que les hommes des communautés concernées et veiller à dissocier ces pratiques de la religion, des stéréotypes de genre et « des croyances culturelles qui perpétuent la discrimination à l’égard des femmes ».

Le projet de texte, qui sera soumis au vote de l’APCE lors de sa prochaine réunion plénière à Strasbourg (10-14 octobre 2016), demande notamment la reconnaissance des mutilations génitales féminines en tant que violence faite aux femmes et aux enfants, la compétence extraterritoriale des juridictions nationales afin que des poursuites pénales puissent être engagées lorsque les mutilations ont été commises à l’étranger, ainsi que le lancement de campagnes publiques de sensibilisation et d’information pour combattre ce phénomène.

En 2016, 200 millions de femmes et de filles avaient, dans le monde, subi des mutilations génitales. Ces pratiques ont lieu principalement dans certains pays d’Afrique ou d’Asie, mais également en Europe. Malgré la prise de conscience croissante au niveau international de sa gravité, celles-ci perdurent et demeurent ancrées dans les cultures et traditions des communautés qui les pratiquent.