'Les droits de l'homme sont et doivent rester non-négociables'

« Les droits de l’homme sont et demeurent des droits non négociables », a déclaré aux parlementaires le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, dans un discours prononcé aujourd’hui au cours de la session plénière de l’Assemblée parlementaire à Strasbourg. « Ils ne sont pas un simple instrument à utiliser à notre convenance sur le chemin de la paix, mais la pierre angulaire sur laquelle doit reposer le bon fonctionnement de l’ordre international ».

« Il n’existe aucun paradoxe entre la défense des droits de l’homme et l’objectif de stabilité de la politique étrangère ou les initiatives prises pour trouver un juste équilibre entre les intérêts respectifs des États, bien au contraire, puisqu’ils vont de pair », a-t-il souligné.

Le monde semble actuellement « aller de travers », a déclaré le ministre en évoquant les guerres et les conflits aux portes de l’Europe, l’annexion illégale de la Crimée par la Russie, les forces qui minent la cohésion de l’UE – comme le tout récent référendum sur le Brexit – ainsi que les tensions sociales croissantes au sein de nombreux États européens.

« C’est précisément la raison pour laquelle le Conseil de l’Europe est si important », a-t-il ajouté. « Après tout, il nous offre – à ses 47 États membres et pas moins de 800 millions de citoyens – une pierre angulaire dans le domaine des droits de l’homme, une norme contraignante et commune, tout en nous donnant un aperçu de la situation des droits de l’homme dans nos États membres ; il nous permet d’examiner les coulisses d’une situation ».

« L’Assemblée parlementaire a toujours été, au sein du Conseil de l’Europe, le cadre de débats politiques consacrés aux questions les plus impérieuses de notre époque, surtout dans une période où les tensions et les conflits se multiplient ».
 

« Pour ce qui est de la Russie, j’espère que les initiatives que nous avons prises pour trouver une solution pacifique au conflit à l’est de l’Ukraine créeront à moyen terme les conditions qui permettront à la délégation russe de prendre à nouveau part aux sessions et aux travaux de l’Assemblée parlementaire. Il est clair que la Russie doit également faire des efforts en ce sens », a déclaré M. Steinmeier. Mais la présence à l’APCE des parlementaires issus de la région illégalement annexée de la Crimée et élus à la Douma ne peut être acceptée, a-t-il précisé.

« Le dialogue et l’entente parlementaire sont certes importants, cela ne fait aucun doute, mais uniquement lorsqu’ils sont respectueux des éléments constitutifs du Conseil de l’Europe, c’est-à-dire de son Statut, de ses buts et de ses valeurs ».

Enfin, le ministre allemand des Affaires étrangères a rendu hommage au rôle constructif que le Conseil de l’Europe a joué et devrait continuer à jouer dans la situation difficile que connaît la Turquie.