Améliorer l’efficacité d’Interpol pour assurer le respect des droits de l’homme

« Mon mandat a pour but d’aider Interpol à améliorer l’efficacité de ses procédures visant à assurer le respect des droits de l’homme. Renforcer la prévention des violations des droits de l’homme est un moyen d’accroître la crédibilité d’Interpol, et donc son efficacité en tant qu’outil de lutte contre la criminalité internationale. » C’est avec ces mots que Bernd Fabritius (Allemagne, PPE/DC) a ouvert une audition organisée par la commission des questions juridiques de l’APCE à Paris dans le cadre de la préparation d’un rapport sur le thème « Détournement du système d’Interpol : nécessité de garanties légales plus strictes ».

Jürgen Stock, Secrétaire Général d’Interpol, a présenté les importants changements intervenus au sein de l’organisation à la suite d’une réforme. « En seulement deux ans, nous avons réussi à revoir et à améliorer en profondeur tous les mécanismes de contrôle d’Interpol, sans perturber à aucun moment le service essentiel qu’Interpol fournit à la lutte internationale contre la criminalité avec le système des notices rouges. Cela était nécessaire pour continuer à rester efficaces face à l’évolution technologique actuelle », a-t-il déclaré. Dans ses travaux, Interpol va continuer à donner la priorité à ses mécanismes de contrôle et à garantir la bonne mise en œuvre des mesures adoptées lors de la dernière Assemblée générale », a ajouté M. Stock.

« Interpol remplit une fonction essentielle dans la lutte internationale contre la criminalité et le terrorisme. Sa crédibilité et son efficacité revêtent une importance capitale. Or, Interpol souffre d’une utilisation abusive de ses outils. Il est primordial de mettre en place des garanties légales plus strictes pour empêcher cela », a déclaré Herta Däubler-Gmelin, ancienne ministre allemande de la Justice.

« L’efficacité d’Interpol dépend en grande partie de sa réputation en tant qu’outil essentiel de la lutte mondiale contre la criminalité, et de la confiance qu’inspirent ses systèmes », a déclaré Jago Russell, directeur exécutif de l’ONG de défense des droits de l’homme « Fair Trials ». Selon lui, l’initiative lancée par les parlementaires en réaction à l’utilisation abusive du système d’Interpol « est importante, compte tenu de l’absence de tout autre mécanisme externe de contrôle du fonctionnement de l’organisation », et compte tenu de la grande expérience de l’Assemblée en matière de droits de l’homme. Tout en saluant les récentes réformes des procédures d’Interpol, M. Russell a déclaré que « le maître mot, aujourd’hui, est la mise en œuvre ».