Journée des migrants (18 décembre) : ‘L’enfance ne devrait pas ressembler à ça’, selon Doris Fiala

A l’occasion de la Journée internationale des migrants, marquée chaque année le 18 décembre, Doris Fiala (Suisse, ADLE), Rapporteure générale sur la Campagne parlementaire visant à mettre fin à la rétention d’enfants migrants a déclaré : « cette année a été très difficile, du fait de la grande souffrance humaine endurée par les migrants, qui ont quitté leur terre natale à la recherche d’un lieu de vie sûr. Nombre de personnes qui ont échappé à ces situations effroyables, aux conflits et au chaos, sont des enfants ».

« Pour cette seule année, plus de 300 000 enfants sont entrés sur le continent européen et beaucoup d’entre eux l’ont fait seuls, sans leurs parents ou toute autre personne susceptible de prendre soin d’eux. Dans leur quête de sécurité, ils ont été, en chemin, exposés à de terribles dangers. La traite des êtres humains, les violences, notamment fondées sur le genre ou les violences et les abus sexuels, ne sont que quelques uns des risques auxquels les enfants migrants doivent faire face. Or, ces épreuves risquent de se poursuivre lorsqu’ils arrivent sur notre continent ».

« Dans de trop nombreux cas, ces enfants sont placés en rétention, pour des raisons de procédures administratives, parce-qu’ils n’ont pas les papiers requis ou parce-qu’ils ont traversé la frontière illégalement. Ils sont alors en proie à de nouvelles souffrances dues à des conditions d’hygiène déplorables, à une mauvaise alimentation, à des cellules fermées, petites et surpeuplées où ils côtoient des personnes qu’ils n’ont jamais rencontrées et qui peuvent représenter de nouveaux dangers pour eux. Ces enfants sont confrontés à de nouvelles violences, exposés à de nouveaux risques et traumatisés à vie. L’enfance ne devrait pas ressembler à ça ».

« Tous nos Etats membres ont l’obligation morale de protéger les enfants. Nos gouvernements doivent adopter une approche axée sur les droits de l’homme et sensible aux besoins des enfants lorsqu’ils s’occupent de migrants mineurs. Ils peuvent et doivent trouver d’autres solutions à celles de les mettre derrière des portes verrouillées. Les enfants doivent être hébergés au sein d’une communauté où leur intérêt supérieur, leur santé et l’unité familiale sont respectés, plutôt que d’être mis en rétention. Nous devons, plus que jamais, faire tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre fin à cette odieuse pratique qui consiste à emprisonner les enfants migrants. Ils n’ont commis aucun crime et ne doivent pas souffrir pour la simple raison qu’ils sont immigrés ou que leurs parents le sont ».