Un rapporteur alarmé par le décret d’urgence qui dépénalise certaines formes de corruption en Roumanie

« Je suis vivement préoccupé par le décret que le gouvernement roumain a adopté dans l’urgence mardi soir, pour application immédiate, et qui dépénalisera de nombreuses affaires, même graves, de corruption et d’abus de pouvoir », a déclaré Bernd Fabritius (Allemagne, PPE/DC), rapporteur de l’APCE sur le thème « Renforcer l’Etat de droit dans les pays d’Europe du Sud-Est grâce à des réformes ciblées du système judiciaire ».

« Ce décret viole les principes fondamentaux de l’État de droit et compromet gravement la lutte de la Roumanie contre la corruption, et notamment le travail de sa Direction nationale anticorruption. En égalisant dans les faits de nombreuses formes de corruption, il expose même les fonctions les plus élevées de l’État aux abus et semble destiné à protéger des personnalités du parti au pouvoir contre les poursuites ».

« C’est un grave recul non seulement pour la Roumanie et ses citoyens, mais également pour l’ensemble des Etats membres du Conseil de l’Europe. La Roumanie renonce aux progrès considérables accomplis ces dernières années dans la lutte contre la corruption et le respect de la prééminence du droit. L’Union européenne, qui a suivi de près cette évolution dans le cadre de son Mécanisme de coopération et de vérification, devrait rapidement réévaluer le respect des obligations par la Roumanie, en sa qualité d’Etat membre de l’UE, et prendre toutes les mesures qui s’imposent ».

« Par contre, je suis émerveillé par le courage et la détermination des centaines de milliers de Roumains qui sont descendus dans la rue pour s’opposer à ce décret, et je salue leur engagement. Je condamne fermement le recours ciblé à la violence pour disperser leurs manifestations pacifiques, et appelle le gouvernement à respecter et à protéger le droit de manifester de ses citoyens ».