D’anciens responsables 'éthique' de la FIFA appellent à une ‘totale indépendance’ des organes de contrôle de l'association

Deux anciens hauts responsables 'éthique' de la FIFA, l'instance dirigeante du football, ont vivement appelé à une « totale indépendance » des organes de contrôle vis-à-vis de l’exécutif de l'organisation.

Lors d’une audition d'une commission de l'APCE à Paris, à huis clos, Hans-Joachim Eckert et Cornel Borbély, qui ont présidé respectivement les deux chambres de la Commission d’éthique de la FIFA jusqu’à ce qu’ils soient subitement remplacés, ont déclaré que leur travail d’investigation ne pouvait se faire correctement qu’à l’abri des ingérences et des pressions internes.

« Le code d’éthique de la FIFA est solide selon moi, mais pour qu’il soit efficace, le responsable de son application doit être choisi en toute transparence », a déclaré M. Borbély.

M. Eckert a précisé : « Vous pouvez avoir le meilleur des cadres éthiques sur le papier – au bout du compte, son succès dépendra de la qualité des personnes qui l’appliquent et de leur capacité à travailler de manière totalement indépendante ».

Durant plusieurs années, les deux hommes ont traité des centaines de cas d’allégation de corruption – notamment le cas de l’ancien Président de la FIFA, Sepp Blatter. Leur travail, vivement salué, a abouti à l’exclusion de quelque 70 officiels de la FIFA, mais contre toute attente, leur mandat n’a pas été renouvelé le 17 mai 2017.

« Que pouvons-nous faire pour contribuer à garantir que les instances de contrôle de la FIFA pourront travailler en toute indépendance ? » s’est interrogée Anne Brasseur (Luxembourg, ADLE), rapporteure sur la bonne gouvernance du football. « Il est de notre responsabilité de veiller à ce que le football ne soit pas une zone de non-droit ».

L’ancien Président de la Commission de la Gouvernance de la FIFA, Miguel Poiares Maduro, devait être présent à l’audition, organisée par la Commission de la culture de l’APCE, mais, suite à un empêchement de dernière minute, il n’a pas pu venir des États-Unis.

Le rapport complet de Mme Brasseur, qui a rencontré un grand nombre de représentants actuels et anciens de la FIFA et de l’UEFA, sera publié en décembre et examiné par l’Assemblée réunie en plénière en janvier 2018.