Monténégro : les corapporteurs appellent à la reprise des travaux parlementaires et à la poursuite des réformes

À l’issue de leur visite d’information (2-4 octobre 2017), les corapporteurs de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) pour le dialogue postsuivi avec le Monténégro, Ionut Marian Stroe (Roumanie, PPE/DC) et Andrea Rigoni (Italie, ADLE), ont salué la volonté du Monténégro de poursuivre leur engagement en faveur de la coopération régionale et son rôle actif dans le maintien de la stabilité régionale.

« Nous sommes préoccupés par le boycott actuel du Parlement par l’opposition, qui entrave le processus de réforme », ont déclaré les corapporteurs. « Nous avons discuté avec des représentants des partis de l’opposition qui ont accepté de nous rencontrer au Parlement et avons insisté sur l’importance vitale que revêt le dialogue politique parlementaire pour la transformation du Monténégro », ont-ils expliqué avant de rappeler qu’en Europe, un désaccord ne s’exprime pas en boycottant les travaux parlementaires. « Il est essentiel que la majorité et que l’opposition s’engagent dans le processus de réforme, y compris en ce qui concerne le cadre électoral à l’approche des élections présidentielles de 2018 », ont-ils affirmé.

Les corapporteurs ont salué les travaux de réforme entrepris par le pays dans le domaine de l’État de droit. Si les réformes législatives et le projet de renforcement des institutions sont en bonne voie, il est impératif que la refonte du système de l’État de droit se traduise par des résultats plus concrets. Les institutions doivent mettre en œuvre ces réformes dans l’esprit de leurs principes fondateurs. « Il est primordial que la législation garante d’un système judiciaire véritablement indépendant et professionnel soit pleinement appliquée », ont insisté les corapporteurs.

Ils se sont félicités de la priorité élevée accordée à la lutte contre la corruption et la criminalité organisée. À cet égard, il serait souhaitable que l’impartialité et que l’indépendance de l’Agence pour la prévention de la corruption soient garanties dans la pratique et que l’agence reçoive les moyens nécessaires pour accomplir ses missions avec efficacité. Il conviendrait en outre de renforcer les capacités du parquet spécial pour aider l’institution et son unité de police spéciale à faire face aux nombreuses affaires relevant de sa compétence. Les corapporteurs ont également exprimé leurs inquiétudes à propos de l’état de la liberté d’expression et de la liberté de la presse dans le pays, qui ne s’est guère amélioré depuis leur dernière visite.

À Podgorica, les corapporteurs ont rencontré le Président de la République, le Président du Parlement, le Vice-Premier ministre et ministre de la Justice, la délégation du Monténégro auprès de l’APCE et les présidents de plusieurs groupes parlementaires. Ils se sont également entretenus avec le procureur en chef du parquet spécial et des représentants des autorités judiciaires, de l’Agence pour la prévention de la corruption, d’organisations internationales et d’ONG.

Les corapporteurs feront rapport à la Commission de suivi lors d’une prochaine réunion. Ils rédigeront un rapport complet sur le dialogue postsuivi dans le courant de l’année 2018.