Turquie : libération de huit défenseurs des droits de l’homme, mais maintien en détention du Président d’Amnesty

« Nous saluons la libération de huit défenseurs des droits de l’homme, dont la directrice d’Amnesty International Turquie, qui sont dans l’attente de leur procès ; mais nous sommes consternés par la décision du tribunal rendue hier de maintenir en détention provisoire le Président d’Amnesty International Turquie, Taner Kilic ; cette dernière décision est pour le moins décevante, si ce n’est difficilement compréhensible », ont déclaré les corapporteurs de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) pour le suivi de la Turquie, Marianne Mikko (Estonie, SOC) et Nigel Evans (Royaume-Uni, CE).

« Nous espérons que les accusations de terrorisme seront définitivement abandonnées, et nous renouvelons notre appel en ce sens aux autorités judiciaires. Nous attendons de toutes les autorités concernées qu’elles respectent pleinement la lettre et l’esprit de la Convention européenne des droits de l’homme, à laquelle la Turquie est Partie. Une démocratie vivante suppose que les organisations de la société civile puissent agir en sécurité.

La décision de maintenir Taner Kilic en détention envoie malheureusement un nouveau signal dissuasif aux défenseurs des droits de l’homme et à de nombreuses autres personnes qui souhaitent simplement exercer leur droit à la liberté d’expression et de réunion. Nous appelons les autorités à s’engager plus résolument dans la voie d’une meilleure législation et d’un environnement plus sûr, et à mettre fin au harcèlement des membres d’ONG et d’autres personnes dont les opinions et les positions diffèrent de celles des autorités. Le Conseil de l’Europe est prêt à apporter son aide », ont ajouté les corapporteurs.