Violences sexuelles et harcèlement contre les femmes : les témoignages ne représentent que le sommet de l’iceberg

« Le harcèlement sexuel, le viol et la violence domestique dont les femmes sont victimes sont les reliques d’une société fondée sur des rapports de pouvoir historiquement inégaux entre les femmes et les hommes. Il est grand temps que la honte et la peur changent de camp », a déclaré aujourd’hui la Présidente de l’APCE, Stella Kyriakides, en exhortant les femmes à surmonter ce tabou et à dénoncer ces pratiques.

« Au cours de ces derniers mois, nous avons assisté à une vague sans précédent de témoignages, qui, nous le savons bien, ne représente que le sommet de l’iceberg. Aucune femme n’est immunisée contre la violence. Elle peut nous toucher à tout âge, quels que soient nos origines, notre nationalité ou notre milieu social, dans n’importe quel pays », a-t-elle souligné.

« La prochaine Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre, offre à tous les parlementaires l’occasion de demander qu’une politique de tolérance zéro soit appliquée à l’égard de toute forme de violence et qu’il soit mis un terme à l’impunité. Il est grand temps que les auteurs de ces actes soient traduits en justice, soient nommément désignés et couverts de honte. À cette fin, nous devons continuer à promouvoir sans relâche la ratification et la mise en œuvre de la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique – la Convention d’Istanbul au sein de nos parlements nationaux », a conclu la Présidente de l’APCE.

« Il est de notre devoir, en qualité de parlementaires, non seulement de veiller à ce que l’ensemble des victimes de la violence fondée sur le genre reçoivent toute l’aide dont elles ont besoin, mais également d’intensifier les actions qui visent à encourager les victimes à porter plainte et à prévenir la violence, y compris au sein de nos parlements », a souligné la rapporteure générale de l’APCE sur la violence à l’égard des femmes, Gülsün Bilgehan (Turquie, SOC), en s’associant à la Présidente de l’Assemblée à cette occasion. « Je salue par conséquent la prochaine réalisation d’une étude régionale sur le sexisme, le harcèlement et la violence à l’égard des femmes dans les parlements d’Europe par l’Union interparlementaire (UIP) et l’APCE, qui débutera en janvier 2018 », a-t-elle poursuivi. « J’espère que cette étude contribuera à lever l’obstacle de la honte dans nos parlements et à aider les victimes dans leur processus de réadaptation. « Non » signifie « non », quel que soit le contexte, le lieu ou l’auteur des actes », a conclu Mme Bilgehan.

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En juin 2017, l’APCE a adopté une résolution sur les violences sexuelles et le harcèlement subis par les femmes dans l’espace public, sur la base d’un rapport établi par Françoise Hetto-Gaasch (Luxembourg, PPE/DC).

Vidéo du débat : https://vodmanager.coe.int/coe/webcast/coe/2017-06-29-1/en/19

Dans une résolution antérieure, adoptée en novembre 2015, l’APCE a établi une liste des meilleures pratiques de la lutte contre la violence à l’égard des femmes, en invitant instamment les États membres à agir.