'Le musèlement de la liberté d’expression des organisations LGBTI est préjudiciable et porte atteinte aux droits fondamentaux'

« La décision prise mi-novembre par le bureau du gouverneur d’Ankara d’interdire jusqu’à nouvel ordre toutes les manifestations organisées par les communautés LGBTI dans l’ensemble de la province musèle toutes les formes d’expression des personnes LGBTI et va clairement à l’encontre des obligations de la Turquie en matière de droits de l’homme », a déclaré aujourd’hui Piet De Bruyn, le rapporteur général de l’Assemblée parlementaire sur les droits des personnes LGBTI. « Ankara a non seulement mis fin à tous les rassemblements publics et événements artistiques organisés par des associations LGBTI, mais en l’espace de quelques semaines, d’autres autorités locales lui ont emboîté le pas et les discours de haine homophobes et transphobes se sont multipliés ».

« Comme l’a récemment souligné le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, la Convention européenne des droits de l’homme garantit les droits fondamentaux à la liberté d’expression et de réunion, même lorsque l’exercice de ces droits est susceptible d’offenser certains segments de la société. De plus, la Cour européenne des droits de l’homme a conclu à plusieurs reprises à des violations de la Convention lorsque des interdictions visaient des manifestations LGBTI ou la publication de matériels portant sur la situation ou les droits des personnes LGBTI », a-t-il ajouté.

« J’appelle les autorités turques à veiller à la protection des droits fondamentaux des personnes LGBTI sur l’ensemble du territoire et à immédiatement annuler toute décision prise au niveau local ou régional portant atteinte à ces droits » a-t-il conclu.