Il est temps de renouveler notre engagement en faveur des droits de l’homme et d’enrayer leur dégradation

« En 2017, la situation des droits de l'homme a continué à se dégrader dans de nombreux pays européens. Des crises anciennes se sont aggravées, de nouvelles crises ont éclaté et l’adhésion aux valeurs et aux normes des droits de l'homme a semblé s’affaiblir », a déclaré aujourd'hui Nils Muiznieks, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, en présentant son rapport annuel pour 2017. « Cette situation n’est pourtant pas irrémédiable, à condition que les gouvernements et les parlements montrent à nouveau leur attachement aux valeurs et aux principes qui sont au cœur de notre système de protection des droits de l'homme ».

Dans son rapport annuel, le dernier de son mandat, le Commissaire Muiznieks récapitule les activités menées en 2017, tout en donnant un éclairage sur la situation des droits de l'homme en Europe.

« Lorsque j’ai pris mes fonctions, en 2012, j’ai dit que je m’efforcerais tout particulièrement d’être à la fois proche des gens et objectif dans mon dialogue avec les autorités nationales. La proximité et l’objectivité sont les deux principes qui m’ont guidé dans les actions que j’ai menées pour aider les populations en difficulté et conseiller les autorités nationales sur la manière de traiter tant les problèmes anciens que les nouveaux défis.

Beaucoup a été accompli, mais la tâche qui nous attend est immense. Les personnes déplacées à cause d’un conflit armé, les migrants, les enfants et les jeunes, les femmes, les journalistes, les défenseurs des droits de l'homme, les minorités et les personnes handicapées ne sont que quelques-uns des nombreux groupes dont les besoins méritent une réponse davantage ancrée dans les principes.

Pour atteindre cet objectif, il faut certes faire évoluer les politiques et les lois, mais aussi améliorer la qualité du débat et la sensibilisation aux droits de l'homme. Amener le public à adhérer à nouveau à l’esprit et à la lettre des normes des droits de l'homme doit être une priorité pour nous tous : autorités nationales, société civile, professionnels des médias, ombudsmans, institutions nationales des droits de l'homme et simples citoyens.

Notre génération a beaucoup bénéficié du grand dessein que les fondateurs du système international des droits de l'homme avaient commencé à former durant les jours sombres de la seconde guerre mondiale. Si l’avenir de nos enfants nous importe, nous devons leur laisser des institutions efficaces, fondées sur le plein respect des droits de l'homme, de la démocratie et de l’État de droit.

Nous devons éviter qu’ils cessent de croire en la promesse des droits de l’homme faite par la génération de leurs grands-parents, nous devons écouter leurs préoccupations et les aider à se considérer comme des Européens qui sont coresponsables du système et possèdent les connaissances, les aptitudes et les valeurs nécessaires pour donner un nouvel élan à nos régimes démocratiques, que nous tenons pour acquis depuis si longtemps et que nous négligeons en de si nombreux endroits. »