Garantir la liberté de la presse dans les États membres

A l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse (3 mai), Lord George Foulkes, Rapporteur général sur la liberté des médias et la protection des journalistes de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), a fait une déclaration dans laquelle il souligne le rôle fondamental des journalistes et des médias dans les sociétés démocratiques. Il a rappelé l’obligation des Etats membres de protéger la sécurité des journalistes et la liberté des médias.

Cependant, ces dernières années, la situation des journalistes en Europe est devenue de plus en plus précaire. L’Index 2018 de « Reporteurs sans frontières » dénonce cette dégradation de leur situation et la menace que cela représente pour nos démocraties. Dans plusieurs pays européens, des textes législatifs restrictifs, des représailles arbitraires et le contrôle de la propriété des principaux médias par des « magnats de la presse ».

« L’insécurité est particulièrement évidente dans le cas du journalisme d’investigation qui traite d’affaires de corruption ou d’abus de pouvoir », a souligné Lord Foulkes. « Les journalistes sont menacés, harcelés et emprisonnés arbitrairement. Ils travaillent souvent dans un climat d’intimidation et de peur. Ils subissent de plus en plus de violences et risquent chaque jour leur vie. Les récents meurtres de Daphne Caruana Galizia à Malte, de Ján Kuciak en République slovaque et de Maxim Borodin en Russie, témoignent clairement des conditions dangereuses inacceptables dans lesquelles travaillent souvent les journalistes qui observent de près et critiquent le pouvoir.

« Il faut comprendre que les meurtres de journalistes enquêtant sur des cas de corruption et d’abus constituent une grave menace sur la sécurité nationale, la politique étrangère et l’économie des États membres. Il s’agit d’une situation d’urgence, et l’Assemblée parlementaire doit continuer à faire tous les efforts possibles au niveau politique pour assurer la liberté de la presse dans les États membres. Les journalistes d’investigation sont nos yeux, nos oreilles et nos voix ; les protéger c’est nous protéger », a conclu Lord Foulkes.