Syrie : une rapporteure appelle à un plan international pour la sécurité et la transition politique

Dora Bakoyannis (Grèce, PPE/DC), rapporteure de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) sur la situation en Syrie, a appelé la communauté internationale à soutenir un vaste plan visant à assurer la sécurité et la transition politique dans le pays – appuyé par les Nations Unies et des puissances régionales telles que la Russie et l'Iran.

Mme Bakoyannis, ancienne ministre grecque des Affaires étrangères, a déclaré lors d'une réunion de la Commission des questions politiques à Athènes, que ce plan pourrait envisager la création d'une fédération, dans la mesure où le régime d'Assad et l'opposition étaient « des facteurs sine qua non pour une transition pacifique », bien que conservant un gouvernement central fort à l'intérieur des frontières existantes.

La rapporteure a déclaré que la consolidation des zones de contrôle en Syrie rendait la partition de facto plus probable, mais a averti : « La partition n'est pas un résultat final stable, car elle sera caractérisée par la violence continue et créera un vide au niveau du pouvoir, qui laissera de la place aux terroristes ».

Elle a appelé à un nouvel élan des pourparlers de Genève en présence de tous les acteurs y compris les représentants kurdes, une réunion spéciale du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie, et a demandé instamment à la Russie et à l'Iran de se mettre d'accord sur les principes du changement politique dans le pays : « Nous devons parvenir à un accord commun, afin de garantir la paix et la sécurité. Pacifier la Syrie, unir la nation, réconcilier les factions et sauvegarder le retour des citoyens déplacés sont des priorités absolues. Cela pourrait ensuite facilement ouvrir la voie vers les élections et le projet d'une nouvelle Constitution ».

Mme Bakoyannis a également appelé à la création d'une Cour internationale pour traduire en justice les auteurs des pires atrocités commises pendant le conflit.

« Personne n'a besoin de déclarer la victoire en Syrie », a déclaré Mme Bakoyannis. « Nous avons seulement besoin de trouver un moyen d’apporter la sécurité au peuple syrien et d'aider à reconstruire sa patrie. Notre message ne devrait pas devenir un jeu de blâme. Il n'y a pas de bons ou de mauvais combattants en Syrie. Des atrocités ont été commises par tout le monde ».

« Il est temps de faire face à la réalité et de prendre des décisions politiques courageuses pour la transition de la Syrie vers un nouvel ordre, pour le bien de son peuple et de la communauté internationale », a-t-elle conclu.

Le Professeur Sotirios Roussos de l'Université du Péloponnèse, qui a également pris part à l'échange de vues, a convenu que la réflexion sur l'avenir de la Syrie était essentielle pour préserver son unité et éviter les divisions ethniques. « Le dialogue interreligieux et interethnique sera la clé du succès et de la stabilité du pays à long terme », a-t-il souligné.

Mme Bakoyannis a présenté un avant-projet de son rapport à la commission. Son rapport final devrait être débattu par l'Assemblée parlementaire en temps utile.