L'APCE exhorte les Etats européens à sauver toutes les vies en mer

Les Etats membres du Conseil de l'Europe devraient placer la protection des vies humaines au-dessus de toute autre considération lors des sauvetages en mer, quel que soit le statut des personnes concernées, a déclaré l'APCE à l'issue d’un débat conjoint et d’un débat d’urgence à Strasbourg sur la crise des migrations et des réfugiés.

« Sauver des vies en mer et sur terre est une obligation morale et juridique pour les Etats membres », a souligné l'Assemblée dans une résolution basée sur un rapport de Petra De Sutter (Belgique, SOC). L’Assemblée a appelé à des « responsabilités géographiques claires » pour la recherche et le sauvetage international en mer, et a exhorté les États côtiers à aider les navires commerciaux et non gouvernementaux qui effectuent des opérations de sauvetage à accoster dans leurs ports.

Dans une résolution distincte - adoptée à la veille d'une réunion importante du Conseil de l'UE- sur la base d'un rapport de Tineke Strik (Pays-Bas, SOC), l'Assemblée a averti que l'UE devrait « s'abstenir d'externaliser le contrôle des migrations » vers des pays qui ne peuvent garantir les normes fondamentales en matière de droits de l'homme en vertu de la Convention européenne des droits de l'homme et de la Convention des Nations Unies sur les réfugiés - y compris des conditions d'accueil sûres et respectueuses des conditions d’hygiène, une évaluation approfondie des demandes d'asile et la liberté de circulation.

L'Assemblée a de nouveau exhorté les pays de l'UE à partager la responsabilité en respectant les engagements pris de réinstaller les réfugiés et d'accueillir, de réinstaller et d'intégrer les migrants.

Dans une troisième résolution, fondée sur un rapport de Domagoj Hajdukovic (Croatie, SOC), l'APCE a encouragé les pays à rendre possible, à titre « exceptionnel et limité », les demandes d'asile ou de visas humanitaires auprès de leurs missions diplomatiques ou consulaires à l'étranger, afin que les personnes concernées ne s'exposent pas « à des voyages mettant leur vie en danger ou trompées par des passeurs ».

S'exprimant lors du débat, le ministre grec de la politique d'immigration, Dimitrios Vitsas, a appelé à une révision du système d'asile européen. « Nous avons besoin d'un partage égal entre les Etats membres ; nous devons partager nos responsabilités, partager notre solidarité », a-t-il dit.