Sécurité démocratique : le Conseil de l’Europe met son expérience au service des pays de la Mediterranée

Des personnalités de premier plan de Croatie et du Conseil de l’Europe se sont engagées, lors d’une conférence parlementaire à Dubrovnik, à trouver de nouveaux moyens en vue de contribuer à construire la « sécurité démocratique » en Méditerranée et en Afrique du Nord.

La conférence était organisée par la Commission des questions politiques de l’APCE, en coopération avec le programme « Sud III », dans le cadre de la Présidence croate du Conseil de l’Europe. Elle a réuni des personnalités croates de premier plan, les responsables d’un certain nombre d’organes de suivi du Conseil de l’Europe et des parlementaires du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Ouvrant la conférence, la Présidente de l’APCE, Liliane Maury Pasquier, a rappelé que l’Assemblée avait conduit une politique d’ouverture vers les régions voisines, en particulier la Méditerranée, en partageant son expérience dans les domaines de la démocratie, de la dignité humaine et des droits fondamentaux, ainsi que de l’Etat de droit. « Développer un système de gouvernance fermement ancré dans ces valeurs - c’est ce que nous appelons promouvoir la sécurité démocratique, en particulier dans le cadre du Partenariat pour la démocratie », a-t-elle déclaré.

Pour sa part, le Président du Parlement croate, Gordan Jandrokovic, a souligné que la paix, la stabilité et la sécurité dans la région méditerranéenne étaient d’une importance vitale pour l’Europe. « Notre continent est stable et sûr dans la mesure où les pays voisins le sont, d’où la nécessité pour l’Europe de soutenir son voisinage », a-t-il déclaré.

La Vice-présidente et Ministre croate des Affaires étrangères, Marija Pejcinovic-Buric, qui préside actuellement l’organe ministériel du Conseil de l’Europe, a souligné que la paix durable exigait une approche intégrée fondée sur la cohérence entre les activités politiques, la sécurité, le développement, les droits de l’homme et l’Etat de droit, l’accent étant mis en particulier sur la dimension de genre des processus de paix et de résolution des conflits.

« Nous sommes fermement convaincus que la coopération avec la société civile peut contribuer à créer un climat social qui ne favorise pas la diffusion et le renforcement de l’extrémisme violent et du terrorisme, en particulier la coopération dans la promotion de la tolérance, des droits de l’homme, de l’État de droit, de la démocratie, de la bonne gestion et du dialogue interreligieux », a-t-elle déclaré.

« La démocratie ne peut être imposée, importée ou exportée », a déclaré George Loucaides (Chypre, GUE), à la tête d’une délégation de la Commission des questions politiques de l’APCE. « Il n’existe pas non plus de modèle démocratique donné ou supérieur qui puisse être reproduit par le reste du monde. La démocratie est réalisée et son contenu déterminé par le libre arbitre du peuple, des citoyens de chaque pays. Notre devoir en tant qu’APCE, et en tant qu’Europe dans son ensemble, est donc d’encourager et de soutenir les pas et les réalisations démocratiques que les peuples des pays méditerranéens ont accomplis [...]. Il est illusoire de penser que la démocratie peut apporter instantanément des remèdes à toutes les maladies. Mais la démocratie est la seule façon d’aller de l’avant », a-t-il ajouté.

D’autres personnalités du Conseil de l’Europe - y compris sa Secrétaire Générale adjointe et les responsables de son organe de lutte contre la corruption, le GRECO, son organe d’experts juridiques, la Commission de Venise, et son comité antiterroriste - ont également expliqué en détail comment les travaux du Conseil contribuaient à la sécurité démocratique dans la région.