Les parlementaires doivent placer la lutte contre le sexisme et la violence à l’égard des femmes en tête de l’agenda politique

Lors d’un échange de vues à l’occasion de la Commission permanente de l’APCE, et en vue de la Journée internationale de la femme, Feride Acar Présidente du GREVIO – Groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique – a souligné que l'impact positif de la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul était déjà visible. « Les lois sont en train d'être modifiées, des infractions pénales spécifiques sont introduites, les services de protection aux victimes ont également augmenté, allant des lignes d'assistance téléphonique nationales aux refuges pour les victimes de violence familiale », a-t-elle indiqué. Elle a également salué l'approche constructive adoptée par les Etats Parties à la Convention d'Istanbul pour les rapports d'évaluation les concernant.

Mme Acar a également rappelé que des réactions hostiles à la Convention d'Istanbul avaient eu un impact négatif sur le processus de ratification. « Nous avons assisté à des tentatives d'entraver les progrès dans la signature et la ratification de la Convention, en répandant des idées fausses sur la portée de la Convention. « Mais il n'y a pas ‘d’intention cachée’ dans la Convention d'Istanbul, dont l’objectif est d'abord et avant tout de mettre fin à la violence contre les femmes et à la violence domestique », a déclaré Mme Acar, qui a appelé les parlementaires à unir leurs forces pour placer la Convention d'Istanbul en tête de l'agenda politique, contrer les discours négatifs, obtenir un soutien pour sa ratification et assurer sa mise en œuvre dans la pratique.

« La violence à l’égard des femmes fondée sur le genre est profondément ancrée dans la discrimination à l'égard des femmes qui continue de façonner la vie des femmes politiques dans le monde entier, avec des effets dévastateurs non seulement sur les victimes mais aussi sur la démocratie elle-même », a déclaré Dubravka Šimonovic, Rapporteure spéciale des Nations Unies sur la violence faite aux femmes, qui a présenté les conclusions de son rapport thématique sur la violence faite aux femmes en politique à l'Assemblée générale des Nations Unies en octobre 2018, à New York.

« Les femmes continuent d'être largement sous-représentées à tous les niveaux de la prise de décision politique. En janvier 2017, seulement 7,2 % des chefs d'État, 5,7 % des chefs de gouvernement et 23,3 % des parlementaires étaient des femmes », a-t-elle indiqué, soulignant la nécessité de se concentrer sur les obstacles et les causes profondes de cette situation.

M. Šimonovic a formulé des recommandations spécifiques notamment à l'intention des parlements et les a encouragés à adapter leur législation pour protéger les femmes en politique contre la violence, y compris en ligne, à utiliser leurs prérogatives de contrôle pour garantir sa stricte application, et à adopter de nouveaux codes de conduite, affirmant clairement une tolérance zéro du parlement concernant le harcèlement sexuel, l'intimidation ou toute autre forme de violence à l’égard des femmes en politique.

Plaidant pour une société égalitaire respectant les droits des femmes et des hommes, Liliane Maury Pasquier, Présidente de l’APCE a rappelé la campagne #PasDansMonParlement lancée fin 2018 par l’APCE pour lutter contre le sexisme et le harcèlement dans les parlements et dans toutes les sphères de la société.