Une rapporteure préoccupée par les conditions dans des centres d’accueil et par la non-reconnaissance des mesures de renvoi

 A l’issue d’une visite de deux jours dans les Balkans, Tineke Strik (Pays-Bas, SOC), rapporteure de l’APCE, s’est déclarée extrêmement préoccupée par les conditions de vie dans deux centres d’accueil pour demandeurs d’asile qu’elle a visités en Bosnie-Herzégovine, et s’interroge sur la non-reconnaissance croate des mesures de renvoi vers le territoire.

« Les conditions humanitaires de base ne sont pas assurées pour les centaines de migrants bloqués dans les centres de Velika Kladuša et Bihac, malgré les efforts des organisations internationales et des ONG », a déclaré Mme Strik, après une visite en Croatie et en Bosnie-Herzégovine les 27-28 mars 2019. « L’UE et les Etats membres du Conseil de l’Europe doivent faire preuve d’une plus grande solidarité pour garantir les droits de l’homme et la dignité de ces personnes ».

Mme Strik a examiné les politiques et pratiques frontalières dans le cadre d’un rapport à l’Assemblée parlementaire sur « Mesures de renvoi prises par les États membres ».

« Je remercie la délégation croate auprès de l’APCE pour son soutien et pour l’organisation de cette visite ainsi que de ces réunions d’information avec les autorités. J’ai trouvé le centre bien géré, mais de sérieux problèmes subsistent en ce qui concerne la durée de la procédure d’asile et d’autres garanties procédurales, ainsi que la fourniture de soins de santé spécialisés et d’un soutien psychologique », a déclaré la rapporteure à l’issue de sa visite dans l’un des deux centres d’accueil pour demandeurs d’asile à, Zagreb.

Mme Strik a déclaré que les migrants bloqués en Bosnie-Herzégovine ont déclaré avoir été violemment refoulés par les autorités croates vers le territoire bosniaque sans avoir eu la possibilité de présenter une demande d’asile. En raison des déficiences de la procédure d’asile en Bosnie-Herzégovine, leurs besoins de protection ne sont pas correctement évalués ou pris en compte, a-t-elle ajouté.

« Bien que les autorités croates nient toute implication dans le refoulement des migrants du territoire croate vers la Bosnie-Herzégovine, d’autres acteurs sur le terrain montrent que des refoulements ont effectivement lieu et que des violences sont régulièrement perpétrées contre les migrants arrêtés dans la zone frontalière », a-t-elle souligné.

« La divergence entre les déclarations des autorités croates et les rapports inquiétants et conformes d’autres acteurs reste problématique et sera analysée plus en détail dans mon rapport ».

A Zagreb, Mme Strik a rencontré les autorités du gouvernement croate et la Commission des Affaires étrangères du Parlement croate, ainsi que le Médiateur adjoint. Elle a également rencontré et a eu un échange de vues avec le représentant croate du HCR et le représentant régional et le représentant adjoint du HCR pour l’Europe centrale. Au centre d’accueil de Zagreb, elle a rencontré les Médecins du Monde (Belgique) et plusieurs ONG travaillant avec les migrants et les demandeurs d’asile. Elle a également eu des entretiens avec la police locale croate des frontières (Cetingrad) et régionale (Una Sana).

En Bosnie-Herzégovine, Mme Strik a été guidée par le HCR et l’OIM lors de visites au centre d’accueil Miral à Velika Kladuša, au centre hôtelier transformé Sedra dans la région et au centre Bira à Bihac. Des réunions ont également eu lieu avec les représentants du Conseil danois pour les réfugiés, le maire de Bihac, l’Unicef et Save the Children.

Le rapport de Mme Strik sera débattu à la session de juin de l’Assemblée.