Les responsables politiques ont la ‘responsabilité morale’ de combattre le discours de haine

L’Assemblée a exprimé sa préoccupation face à la recrudescence du discours de haine, qui incite à la xénophobie, la haine raciale, l'antisémitisme, l’islamophobie et l’intolérance, et qui vise en particulier les minorités, les immigrés, les femmes et les personnes LGBTI.

Cette tendance inquiétante n’épargne pas le monde politique, et le discours de haine est utilisé « non seulement par les groupes populistes et extrémistes, mais aussi par les représentants de partis de toutes tendances politiques », a déclaré l’Assemblée, en adoptant le rapport d’Elvira Kovács (Serbie, PPE/DC) sur la question. « Les femmes et les hommes politiques ont à la fois l’obligation politique et la responsabilité morale de n’utiliser « ni propos haineux ni vocabulaire stigmatisant et de condamner immédiatement et clairement leur utilisation par autrui, car leur silence peut être interprété comme une approbation ou un soutien », souligne le texte adopté.

L’Assemblée a encouragé les partis et les mouvements politiques à adopter des instruments d’autorégulation, comme des codes de conduite ou des chartes éthiques, interdisant l’utilisation de propos haineux par leurs membres. « Les intermédiaires de l’Internet, en particulier les réseaux sociaux, devraient aussi appliquer des instruments d’autorégulation, pour prévenir et sanctionner le discours de haine et imposer le retrait de contenus insultants », ont déclaré les parlementaires.

Ils ont également appelé les Etats membres à adopter des dispositions de droit administratif, civil et pénal pour contrer le discours de haine, et à promouvoir des actions de sensibilisation, y compris au niveau international – par exemple des initiatives telles que la Charte des partis politiques européens pour une société non raciste et l’Alliance parlementaire contre la haine.

Enfin, l’Assemblée a appelé les Etats membres à mettre en œuvre la Recommandation de politique générale n° 15 de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI) qui contient un certain nombre de mesures pour prévenir et combattre le discours de haine, soutenir ceux qu’il cible, et encourager l’autorégulation par les institutions publiques et privées.