Bakou : les corapporteurs préoccupés par les violences de la police lors de la dispersion d'un rassemblement

Stefan Schennach (Autriche, SOC) et Roger Gale (Royaume-Uni, CE/AD), corapporteurs de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) pour le suivi de l'Azerbaïdjan, ont exprimé leur profonde préoccupation concernant les violences commises par la police lors de la dispersion d'un rassemblement pacifique à Bakou le 19 octobre 2019.

Les rapporteurs s’inquiètent également de la détention de nombreux participants et par les mauvais traitements présumés de certains d'entre eux. « Ces événements regrettables doivent être replacés dans le contexte des violations constantes de la liberté de réunion et, plus généralement, de l'environnement restrictif qui entrave les activités des personnes critiques à l’égard du gouvernement et des opposants », ont déclaré les corapporteurs.

« Les autorités abusent d'une clause de la loi sur le rassemblement, qui oblige les organisateurs à annoncer préalablement les manifestations et empêche systématiquement les groupes indépendants de se réunir dans la ville. La réaction de la police à ce rassemblement pacifique et non-autorisé a été excessive et disproportionnée », ont-ils déclaré.

« Nous avons reçu des informations selon lesquelles au moins dix membres du Parti du Front populaire – parti d’opposition – avaient été arrêtés un jour avant le rassemblement et que cinq d'entre eux avaient été condamnés à 60 jours de détention administrative. Beaucoup d'autres ont été arrêtés au cours de la manifestation et certains d'entre eux, dont Ali Karimli, dirigeant du Parti du Front populaire, auraient été torturés et privés d’accès à un avocat. On ignore où se trouvent certaines personnes », ont-ils ajouté.

« La liberté de réunion est sévèrement restreinte en Azerbaïdjan. Nous appelons les autorités à lever les restrictions relatives aux rassemblements pacifiques, à libérer toutes les personnes détenues illégalement et à enquêter sur les allégations de torture et de mauvais traitements », ont conclu les corapporteurs.