Harcèlement : les parlementaires doivent 'donner l’exemple'

La violence sexuelle et le harcèlement dans les parlements ne sont pas qu'un problème féminin, a déclaré la Présidente du Storting, Tona Wilhelmsen Trøen, aux autres Présidentes et Présidents de Parlement à Strasbourg, mais constituent « une menace pour la démocratie » qui doit être prise au sérieux par tous les deux, les femmes et les hommes.

Présentant le troisième et dernier thème de la Conférence Européenne des Présidentes et Présidents de Parlement, sur la manière dont les assemblées législatives nationales peuvent lutter contre le harcèlement des femmes politiques, elle a demandé instamment aux parlementaires à « montrer l’exemple » dans leurs relations avec les autres, en favorisant une culture qui permette la pleine participation politique de tous.

« En tant qu'élus, nous portons une grande responsabilité sur nos épaules. Tout ce que nous faisons dépend de la confiance de nos électeurs », a-t-elle souligné. « Nous devons prêcher par l’exemple et ne pas abuser des pouvoirs qui nous sont confiés […]. Nous devons faire particulièrement attention à nos relations avec les autres, qu'il s'agisse de membres du personnel, d’électeurs ou de collègues du parti ».

La Présidente a déclaré que les résultats d'une étude conjointe de l'APCE et de l'UIP sur les niveaux d'abus et de harcèlement dans les parlements européens étaient « choquants », et a promis que son parlement allait prochainement mener une enquête auprès des députés et du personnel pour établir l'étendue du problème.

Elle a également salué chaleureusement l'initiative #PasDansMonParlement lancée par la Présidente de l'APCE, Liliane Maury Pasquier: « C'est un excellent exemple de la façon de sensibiliser et de signaler clairement à tout le monde que nous n'acceptons pas ce comportement. ». Elle a annoncé l’organisation par le Parlement norvégien d’un évènement #PasDansMonParlement à l’occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, afin de sensibiliser les députés et le public à cette question.

Dans une seconde allocution sur ce thème, l'auteur et co-fondateur de la Campagne du ruban blanc, Michael Kaufman, a appelé les hommes, en particulier, à s'impliquer dans ce qu'il a appelé la « révolution de l'égalité des sexes », qui était en train de transformer les comportements à la suite du mouvement #MeToo.

« Si nous voulons que nos parlements - et tous nos lieux de travail - soient des lieux où les femmes sont représentées, sont les bienvenues et sont également appréciées, nous devons travailler sans relâche pour mettre fin à toutes les formes de harcèlement sexuel », a-t-il déclaré. « Pas seulement les formes de harcèlement les plus flagrantes qui font la une des journaux, mais aussi les commentaires non désirés, les regards non désirés, les invitations non désirées, les blagues non désirées ».

De tels changements profiteraient non seulement aux femmes, mais également aux hommes, a déclaré M. Kaufman, soulignant la pression sur les hommes à se conformer aux stéréotypes de genre dépassés.