Conférence sur les droits de l'enfant : il est temps de ‘remettre l'être humain au cœur de la société’

« Les Etats membres du Conseil de l'Europe doivent remettre l'être humain au cœur de leurs décisions politiques », a déclaré Liliane Maury Pasquier, Présidente de l'APCE, lors d'une conférence sur les droits de l'enfant qui s'ouvre aujourd'hui à Strasbourg. « Il est important que les enfants soient d'abord et avant tout considérés comme des enfants » et que « leur intérêt supérieur guide toutes les décisions qui les concernent », a-t-elle ajouté.

Participant avec d'autres dirigeants du Conseil de l'Europe à un échange organisé par Marija Pejcinovic-Buric, Secrétaire Générale du Conseil de l'Europe, la Présidente a souligné que, chaque année, la moitié des enfants dans le monde étaient victimes de violence et qu’un quart des enfants en Europe vivait dans la pauvreté. « C'est énorme et inacceptable. Et pourtant, l'Europe est l'une des régions les plus prospères au monde ! ».

La conférence « Redéfinir le pouvoir », d'une durée de deux jours, se concentre sur le renforcement des droits de l'enfant en tant que clé d'une Europe à l'épreuve du futur, marquant le 30ème anniversaire de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant et la mi-parcours de la Stratégie du Conseil de l'Europe sur les droits de l'enfant qui s’étale sur cinq ans.

Répondant à une question sur les châtiments corporels, la Présidente a déclaré qu'il appartenait aux femmes et hommes politiques, et aux parlementaires, de faire preuve de leadership en interdisant cette pratique, et de ne pas se laisser guider par le dernier sondage. Mais il est également important de fournir aux parents des outils éducatifs modernes et de veiller à ce qu'ils aient suffisamment de temps à consacrer à leurs enfants, a-t-elle dit.

Mme Maury Pasquier a déclaré qu'il était important d'entendre les voix des enfants eux-mêmes et a cité le travail inspirant de la jeune militante du climat Greta Thunberg. Elle a indiqué que l'Assemblée étudiait de près les moyens d'associer les enfants au travail parlementaire.

La Présidente a également évoqué la question difficile des enfants qui s’attaquent à d'autres enfants. Par exemple, lorsque les enfants produisaient des images suggestives, ils n'étaient pas toujours conscients des conséquences pour eux-mêmes ou pour les autres enfants, a-t-elle fait remarquer. Favoriser des mesures alternatives, telles que l'éducation et la médiation, plutôt que les procédures pénales est un moyen utile d'aller de l'avant, a-t-elle déclaré.